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Une expérience spirituelle vécue grâce à un chant de Sainte Cène
La plupart du temps, j’assiste à la réunion de Sainte Cène dans notre paroisse et je prends la Sainte Cène pour renouveler mes alliances de baptême et recevoir la rémission de mes péchés. Souvent, je trouve qu’il est facile de laisser cette ordonnance sacrée devenir une routine, quelque chose que je fais sans trop y penser. Mais de temps en temps, le Seigneur me bénit en me faisant vivre une expérience spirituelle puissante qui reste gravée dans ma mémoire.
L’une de ces expériences s’est produite lors d’une conférence de paroisse dans la 1ère paroisse de Park Ridge du pieu de Beenleigh, en Australie. À l’époque, j’étais greffier adjoint de pieu, responsable de l’enregistrement de données diverses pour l’histoire du pieu. J’étais venu à la réunion avec mon carnet de notes, prêt à remplir ma tâche, mais j’en suis reparti avec une compréhension renouvelée en termes d’objectif et de courage.
Alors que l’assemblée chantait le cantique n° 115 (NdT : dans la médiathèque), « Voyez : il meurt, le Rédempteur », nous avons entendu ces mots :
« O Père saint, si tu voulais,
Ce lourd fardeau s’éloignerait.
Pourtant je veux ta volonté ;
Pourtant je veux ta volonté ;
À cette coupe je boirai. »
Soudain, ces paroles m’ont percé le coeur.
Mes pensées se sont tournées vers les épreuves que mon épouse et moi avions affrontées au fil des ans. Il y a plusieurs dizaines d’années, sa santé a pris un tournant dramatique après avoir frôlé la mort, ce qui a entraîné des problèmes physiques à long terme qui l’ont finalement menée à se retrouver confinée dans un fauteuil roulant. Au cours des dix dernières années, je me suis occupée d’elle à plein temps, l’aidant à relever ces défis tout en gérant mes propres problèmes de santé. Ensemble, nous avons porté de nombreux fardeaux, y compris le chagrin de voir certains de nos enfants et petits-enfants s’éloigner de l’Évangile. Parfois, ma « coupe » m’a semblé être plus que pleine.
Je me suis soudain rendu compte que nous avons tous un travail à accomplir dans cette vie. Chacun de nous a reçu sa propre coupe à boire. Que ce soit en tant que père, mère, enfant, ou dans le cadre de notre travail, de nos études, de nos appels ou de nos responsabilités familiales, nous sommes tous confrontés à des défis qui peuvent mettre notre détermination à l’épreuve. Parfois, cette coupe semble presque impossible à boire.
J’ai pensé à ceux qui sont confrontés à des difficultés physiques, à la perte d’un emploi, à des problèmes scolaires, à la toxicomanie ou à la lourde responsabilité de s’occuper d’un membre de la famille âgé, malade ou handicapé. Ces épreuves, aussi difficiles soient-elles, font partie du travail que le Seigneur nous a confié. Elles sont l’occasion de prouver notre amour pour Lui et pour ceux qui nous entourent.
À ce moment-là, je me suis posé une question qui donne à réfléchir : « Suis-je prêt à boire cette coupe ? »
L’exemple du Sauveur m’est venu à l’esprit. Dans le jardin de Gethsémani, il a lui aussi lutté sous le poids de sa propre coupe, suppliant : « Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! » Et pourtant, dans une attitude de soumission parfaite, il a ajouté : « Toutefois, non pas ce que je veux mais ce que tu veux. »
Cette prise de conscience m’a redonné du courage pour aller de l’avant avec foi. J’ai pensé au jour où j’espère me tenir devant le Seigneur et entendre les mots : « C’est bien, bon et fidèle serviteur ». Pour atteindre ce jour, je sais que je dois continuer à boire la coupe que le Seigneur m’a donnée, même lorsqu’elle est amère.
L’exemple du Sauveur m’a appris que les épreuves auxquelles nous sommes confrontés ne sont pas destinées à nous briser, mais à nous raffiner. J’ai appris à comprendre que la « coupe » que le Seigneur donne à chacun d’entre nous n’est pas seulement un test pour notre foi, mais aussi une invitation à nous appuyer davantage sur l’expiation et à faire confiance à sa perspective éternelle. Comme Job dans l’Ancien Testament, j’ai puisé du courage dans la certitude que Dieu sait ce dont j’ai besoin pour être raffiné, même si je ne le sais pas moi-même. Et si mes fardeaux m’ont souvent paru lourds, je peux dire sans hésitation qu’ils ne sont rien comparés aux souffrances que le Sauveur a endurées pour nous.
Ces expériences ont approfondi mon amour pour ma femme et renforcé ma détermination à être un meilleur exemple pour mes enfants. Elles m’ont également appris à porter un nouveau regard sur la Sainte Cène, en méditant sur le corps brisé du Sauveur, à son sang versé et en me rappelant comment son obéissance parfaite m’a permis d’endurer mes propres épreuves. J’ai versé beaucoup de larmes, surtout dans la solitude de la nuit, mais dans ces moments-là, j’ai soumis ma volonté à la sienne et j’ai dit, malgré la douleur : « Non pas ce que je veux mais ce que tu veux. »
À 76 ans, j’ai fait un bon bout de chemin Je ne sais pas combien d’années il me reste, mais j’espère être fidèle jusqu’au bout. Quelle que soit la « coupe » que le Seigneur me réserve encore, je la boirai volontiers, sachant que le Sauveur a déjà bu la coupe la plus amère pour nous tous. Grâce à lui, nous n’avons pas à le faire seuls.