C’est Pâques : Personne ne marche seul
En marchant avec le Seigneur par la foi, et en demeurant en lui comme il demeure en nous, nous acquérons le témoignage qu’il vit.
À l’approche de la clôture de cette conférence générale du sabbat de Pâques de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, nous désirons ardemment, comme les disciples sur le chemin d’Emmaüs, que notre Seigneur reste avec nous, car voici déjà Pâques.
L’Évangile de Luc nous dit que « ce même jour », le jour de Pâques, « deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades », soit environ douze kilomètres. Emmaüs signifie « sources d’eau chaude » : c’est un lieu de guérison.
Imaginez que nous marchons vers Emmaüs. Un inconnu se joint à nous. Il voit que nous sommes tristes. Nous lui disons : « Jésus de Nazareth, […] un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple », a été crucifié. Et « voici le troisième jour que ces choses se sont passées ».
Tandis que nous marchons, l’étranger ouvre les Écritures et nous explique tout ce qui concerne Jésus-Christ. Notre cœur brûle au-dedans de nous. Alors que nous approchons du village, nous demandons à notre nouveau compagnon : « Reste avec nous, car le soir approche. »
Notre ami mange avec nous. Il prend le pain, le bénit, le rompt et nous le donne. Nos yeux s’ouvrent. Nous le reconnaissons : c’est Jésus-Christ ressuscité. Bien que nous ne l’ayons pas reconnu auparavant, il marchait depuis tout ce temps avec nous.
L’Évangile de Marc témoigne qu’en ce jour de Pâques, Jésus apparut trois fois, sans être immédiatement reconnu.
Il « apparut d’abord à Marie de Magdala » qui, dans un premier temps, le prit pour le jardinier.
Ensuite, Jésus apparut « à deux d’entre eux qui étaient en chemin ». Finalement, ces deux disciples sur le chemin d’Emmaüs le reconnurent lorsqu’il « romp[it] le pain ».
Troisièmement, Jésus « apparut aux onze pendant qu’ils étaient à table ». « Lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : […] Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi. » Pour montrer qu’il n’était pas un esprit, Jésus mangea « du poisson grillé et un rayon de miel ».
L’image de Jésus-Christ marchant avec ses disciples sur le chemin d’Emmaüs révèle un modèle d’alliance. Parfois, sur nos propres chemins poussiéreux d’Emmaüs, nous nous sentons seuls, incompris, accablés ou oubliés. Mais quand il « nous parle en chemin », ses paroles tirées des Écritures font brûler notre cœur. Lorsqu’il rompt et bénit le pain de la Sainte-Cène, l’ordonnance et les alliances de la Sainte-Cène nous aident à le connaître. En marchant avec lui par la foi, en demeurant en lui et lui en nous, nous acquerrons le témoignage qu’il vit. Ses promesses de Pâques sont réelles.
Chaque sabbat, nous invitons tout le monde à venir adorer Jésus-Christ avec nous, au sein de son Église rétablie. Par l’ordonnance de la Sainte-Cène, nous faisons alliance que nous sommes disposés à prendre sur nous le nom de Jésus-Christ, à toujours nous souvenir de lui et à garder ses commandements. Il promet que nous aurons toujours son Esprit avec nous. Quand nous témoignons de Jésus et nous souvenons de lui chaque semaine, nous demeurons et marchons avec lui.
Tout comme les disciples sur le chemin d’Emmaüs demandent à Jésus de rester avec eux, Jésus-Christ promet de rester avec nous. Dans l’Évangile de Jean, chapitres 14 et 15, Jésus nous enseigne à nous et à ses disciples comment il peut rester avec nous, être parmi nous, marcher avec nous. Sa fidélité est plus forte que les liens de la mort.
Quand nous avons une question, un problème, ou ressentons de la joie, Jésus-Christ dit : « Je suis votre réponse, votre chemin, votre vérité, votre vie. »
Pour demeurer avec nous, Jésus nous promet, dans Jean 14, de nous donner le premier et le second consolateur. Le premier consolateur dont parle Jésus est le Saint-Esprit.
« Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous. »
« Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. »
Le second consolateur dont parle Jésus est lui-même. Il promet : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. »
Car « celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et je l’aimerai et je me ferai connaître à lui ».
Oui, « si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ».
Demeurer et faire sa demeure. Dans Jean 15, Jésus-Christ enseigne aussi qu’il est le cep et que Dieu notre Père est le vigneron. Un sarment « ne peut de lui-même porter du fruit ». Sans le Seigneur, nous ne pouvons rien faire. Mais « celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit » et « [son] fruit demeure ». Jésus dit : « Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. »
Nous avons commencé cette conférence générale par une assemblée solennelle. Les assemblées solennelles marquent des événements importants de l’Église, comme le soutien d’un nouveau président de l’Église. Qu’une assemblée solennelle ait lieu tôt ou tard, nous exprimons symboliquement, selon un modèle et un précédent sacrés, un engagement et un soutien unis.
Les assemblées solennelles remontent à l’ancien Israël, notamment lors de la consécration du temple par le roi Salomon. Dans notre dispensation, une assemblée solennelle historique a eu lieu le 27 mars 1836, après l’achèvement du temple de Kirtland.
Lors de la présente conférence, en assemblée solennelle, nous avons été témoins et avons soutenu Dallin H. Oaks comme prophète du Seigneur et notre prophète, avec Henry B. Eyring et D. Todd Christofferson comme Première Présidence, et Gérald Caussé et Clark G. Gilbert comme membres du Collège des douze apôtres.
Quand nous « cherch[ons] premièrement le royaume et la justice de Dieu », nous suivons Jésus-Christ et le prophète du Seigneur de plein gré, avec obéissance et joie. Nous sommes abondamment bénis lorsque nous le faisons.
Nous sommes reconnaissants de pouvoir entendre Dallin H. Oaks, notre dernier orateur. Lorsque j’étais en première année à l’université Brigham Young et que frère Oaks en était le nouveau président, nous avons pris la parole ensemble lors d’une table ronde pour les parents et les futurs étudiants. Alors que j’attendais nerveusement que la réunion commence, frère Oaks s’est penché vers moi pour me rassurer. Avec un sourire chaleureux, il a dit qu’il portait une cravate rouge parce qu’il fêtait son 40e anniversaire, et qu’il se sentait vieux. Pour un étudiant de première année, 40 ans semblait vraiment vieux !
Le président Oaks m’a ensuite raconté une histoire. Je m’en souviens encore dans les grandes lignes. Après avoir ouvert un grand coffre rempli de pièces, un grand-père a invité ses petits-enfants à ramasser toutes les pièces qu’ils pouvaient. Ravis, les petits-enfants ont ramassé par poignées les pièces plus abondantes, mais de moindre valeur : les centimes et les pièces de cinq ou dix cents. Cependant, l’une des petites-filles a soigneusement choisi quelques pièces seulement. Son grand-père lui a demandé pourquoi. Elle a répondu : « Grand-père, toutes mes pièces sont en or. »
Le président Oaks est un homme aimé et instruit par le Seigneur, qui a, toute sa vie, donné l’exemple de ce qui est « bon, mieux et encore mieux ». Il choisit la meilleure part spirituelle. Il enseigne par le précepte et l’exemple comment suivre notre Sauveur.
L’expiation de Jésus-Christ change tout. Elle apporte une résurrection littérale. Elle nous permet de retourner en présence de Dieu et d’être éternellement unis en famille. Nous pouvons guérir, nous réconcilier et demeurer dans l’appartenance aux alliances. Comme Néphi autrefois, notre âme se réjouit des alliances que le Seigneur a faites, « de sa grâce, et de sa justice, et de sa puissance, et de sa miséricorde dans le grand plan éternel pour délivrer de la mort ».
Voici mon témoignage de Pâques :
« Jésus-Christ […] est mort, a été enseveli et est ressuscité le troisième jour et est monté au ciel. »
« Je sais qu’il vit, mon Rédempteur » et « sa gloire je répète. Il vit ! mon prince et mon prophète ! »
Sur nos poussiéreuses routes d’Emmaüs, il marchera avec nous. Si vous voyez quelqu’un marcher seul et triste, s’il vous plaît, marchez avec lui. Personne ne devrait être assis seul, et personne ne devrait parcourir son chemin d’Emmaüs seul ou dans l’indifférence. Ouvrons les yeux et marchons ensemble dans son amour afin qu’il puisse demeurer avec nous et en nous, et nous en lui, en cette période de Pâques et chaque jour. C’est ma prière, au nom sacré et saint de Jésus-Christ. Amen.