Conférence générale
Aimer tout le monde ; Aimer chacun
Conférence générale d’avril 2026


11:27

Aimer tout le monde ; Aimer chacun

Puissions-nous suivre l’exemple parfait du Seigneur et apprendre à aimer tout le monde et à aimer chacun, comme il le fait.

Il y a quelque temps, un journaliste m’a posé cette question simple mais profonde : « Que savez-vous maintenant, après avoir été ordonné membre du Collège des douze apôtres ? » J’ai immédiatement répondu : « J’ai appris que je peux aimer encore davantage. »

Au cours des derniers mois, ma femme Valérie et moi avons été profondément touchés par le déversement d’amour et les prières des saints du monde entier. Grâce à vous, mes chers frères et sœurs, nous avons ressenti l’amour de Dieu plus intensément que jamais auparavant. Ainsi, notre capacité d’aimer a grandi d’une manière inattendue.

Lorsqu’il est répandu, l’amour chrétien s’accroit et se multiplie. Lorsque nous transmettons aux gens l’amour pur du Christ, ils prennent conscience que le Seigneur se soucie d’eux et, en retour, leur capacité d’aimer grandit et se fortifie.

Il y a des années, lors d’un moment de détente à la campagne, je suis sorti après le coucher du soleil pour me reposer sur une chaise longue. La nuit était si sombre que je ne voyais presque rien. Instinctivement, j’ai levé les yeux, et j’ai remarqué un minuscule point de lumière scintillant, puis un autre. Tandis que mes yeux s’habituaient à l’obscurité, le ciel s’est rempli d’étoiles.

Cette pensée m’est venue : « C’est comme notre relation avec Dieu. » Certains pensent qu’il est distant, et cela rend leur vie pesante. Mais, en prenant le temps de réfléchir à sa présence dans leur vie, ils découvriront que malgré sa discrétion, il est là, bien plus proche qu’ils ne l’imaginent.

Tandis que je réfléchissais à cette idée, une question tirée d’un des psaumes de David m’est venue à l’esprit :

« Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, La lune et les étoiles [ …] :

« Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? »

La réponse qui suit est extrêmement réconfortante : « Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l’as couronné de gloire et de magnificence. »

C’est le miracle de la relation entre Dieu et nous : l’univers est vaste au-delà de toute compréhension, et pourtant, chaque âme a une valeur infinie aux yeux de notre Créateur. Bien que nous puissions paraître insignifiants à l’échelle de l’univers, notre Père éternel et son Fils, Jésus-Christ, connaissent chacun de nous, se souviennent de nous et nous aiment personnellement.

En 1905, à la suite d’une conversation avec une amie qui souffrait depuis longtemps de graves problèmes de santé, Civilla D. Martin a trouvé l’inspiration pour le cantique bien-aimé « Il veille aussi sur moi ». Quand Civilla a demandé à son amie comment elle parvenait à résister au découragement, celle-ci a répondu : « Comment pourrais-je être abattue, alors que mon Père voit chacun des oiseaux, et que je sais qu’il m’aime et se soucie de moi ? »

Ses paroles faisaient écho à l’enseignement du Sauveur selon lequel aucun passereau ne tombe sans que le Père s’en aperçoive, et que même « les cheveux de [n]otre tête sont tous comptés. » Neal A. Maxwell a déclaré que le Dieu qui gouverne les galaxies guide aussi notre vie. Il a affirmé : « Dieu voit dans les détails ! […] Il connaît et aime chaqueêtre humain ! »

Je témoigne de cette vérité : Dieu et son Fils, Jésus-Christ, aiment tout le monde, et ils aiment chacun de nous.

Dans mon étude des Écritures en anglais, j’ai remarqué des dizaines de versets dans lesquels les mots tous et chacun (ou chaque) apparaissent ensemble. Par exemple, dans Mosiah, nous lisons : « [Le Seigneur] se souvient de toutes les créatures qu’il a créées [N.D.T : « chaque » en anglais], il se manifestera à tous. »

Le mot tous témoigne de la portée universelle de l’amour de Dieu. Le mot chacun (ou chaque) atteste de sa capacité à prendre soin de chaque âme.

Cette double réalité se manifeste clairement dans l’expiation de Jésus-Christ. Tous les fils et filles de Dieu, sans exception, auront pleinement l’occasion d’accéder à ses bénédictions divines. Pourtant, il s’agit d’un don remarquablement intime, adapté aux besoins de chaque individu et appliqué à une personne à la fois.

En tant que disciples de Jésus-Christ, nous témoignons de lui chaque fois que nous exprimons son amour à tous ceux qui nous entourent et aidons à ce qu’il prenne racine en chaque personne que nous rencontrons.

Le fait d’aimer tout le monde et d’aimer chacun n’implique pas deux types d’amour différents, mais le même amour divin exprimé à deux échelles : l’une assez vaste pour englober le monde entier, et l’autre assez personnelle pour reconnaître les besoins, la situation et l’histoire de chaque individu.

Premièrement, aimer tout le monde.

Sommes-nous sélectifs ou exclusifs dans le choix des personnes qui méritent notre amour, ou offrons-nous un amour chrétien à toutes les personnes que nous fréquentons ?

Le Seigneur a demandé : « Si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? » Pour lui, tous les habitants de cette terre sont notre prochain : il n’y a pas d’étrangers ni de marginaux, seulement des frères et des sœurs.

Joseph Smith, le prophète, a enseigné : « Un homme rempli de l’amour divin ne se contente pas d’être une bénédiction pour sa famille, mais il parcourt le monde entier, cherchant à être une bénédiction pour tout le genre humain. »

La condition de disciple n’a jamais été destinée à être un cercle confortable d’amis proches, concentrés sur leurs propres intérêts. Au contraire, nos assemblées forment une mosaïque magnifique, enrichie par des origines, des cultures et des expériences diverses, mais unies dans la dévotion au Christ.

Le service dans l’Église élargit notre cercle d’amour et agrandit le champ de nos relations. Nous rencontrons des gens de tous horizons : nouveaux amis, frères et sœurs dans le besoin, nouveaux convertis et collègues missionnaires ou de service pastoral. Nous ne servons pas seulement ceux que nous aimons déjà ; nous apprenons plutôt à aimer les gens en les servant.

Deuxièmement, aimer chacun.

Avons-nous tendance à entretenir des relations superficielles, ou cherchons-nous sincèrement à connaître et à prendre soin de chaque personne que nous rencontrons ?

Bien qu’il fût souvent entouré de multitudes, le Sauveur portait toujours toute son attention sur une personne à la fois : une brebis, un lépreux, une femme samaritaine, un petit enfant, une âme à la fois. Dans son amour, personne n’était jamais perdu dans la foule.

De même, dans l’Église de Jésus-Christ, il ne devrait pas y avoir d’inconnus. Lorsque nous entrons dans la bergerie du Christ grâce à des alliances sacrées, nous sommes connus, comptés et choyés, une personne à la fois.

Par mon service, dans et hors de l’Église, j’ai appris que certaines personnes qui peuvent paraître insignifiantes au premier abord peuvent devenir les personnes les plus remarquables et les plus inspirantes que je connaisse. Il y a dans chaque âme une profondeur merveilleuse, et tellement à chérir.

J’ai toujours aimé l’histoire de La Belle et la Bête, non seulement parce qu’elle se déroule en France, et que je me reconnais volontiers dans le charmant accent de Lumière, mais aussi pour la précieuse vérité qu’elle illustre.

Belle est faite prisonnière dans un château hanté par une bête redoutable et répugnante, qui est en fait un jeune prince piégé par un sortilège dans le corps d’un monstre terrifiant. Plutôt que de le juger sur son apparence, Belle apprend à voir au-delà. Elle finit par comprendre que l’amertume de la Bête, ses manières grossières et ses accès de colère ne sont qu’une façade, cachant une âme blessée qui aspire à aimer et à être aimée.

Grâce à la patience, à la gentillesse et aux soins affectueux de Belle, une transformation étonnante se produit : elle commence au plus profond de l’âme de la Bête et finit par changer même son apparence. Le sortilège est brisé et le jeune prince revient à lui, ce qui apporte une grande joie au peuple qui se réunit pour célébrer le nouveau couple royal.

De la même manière, lorsque nous manifestons un amour chrétien à chaque personne que nous servons, nos yeux s’ouvrent à leur potentiel divin. Nous commençons à les voir comme le Seigneur les voit : des êtres mortels ayant la capacité de devenir des personnes exaltées, par la grâce et le pouvoir réparateurs du Sauveur.

En prenant soin de chaque âme, nous les aidons à se rapprocher du Sauveur, les invitant à guérir et à être transformées par son sang expiatoire. En retour, nous sommes bénis, nous devenons plus semblables au Sauveur et sommes remplis d’une grande joie.

Mes chers frères et sœurs, en tant que l’un de ses témoins spéciaux, je témoigne que notre Sauveur, Jésus-Christ, nous aime plus que nous ne pouvons l’imaginer. Comme le dit le cantique : « Il voit chacun des oiseaux, et il veille aussi sur moi. »

Puissions-nous suivre l’exemple parfait du Seigneur et apprendre à aimer tout le monde et à aimer chacun, comme il le fait. Au nom de Jésus-Christ. Amen.