2025
Il y a toujours de l’espoir 
Septembre 2025


Pages Locales

Il y a toujours de l’espoir 

Lorsque ma femme et moi avons été appelés à servir une mission à Tahiti, nous n’avions pas imaginé vivre des expériences aussi belles, parfois même inattendues. Permettez-moi d’en partager une qui démontre que le Seigneur agit de manière mystérieuse. 

Il y a plus de vingt-cinq ans, alors que j’étais évêque de la paroisse d’Aix-en-Provence et que je travaillais pour les Séminaires et Instituts, j’ai rencontré Sophronia qui était venue de Tahiti pour étudier en France. C’était une jeune adulte avec une solide connaissance de l’Évangile, ayant grandi dans l’Église. J’ai donc été déconcerté lorsqu’elle est entrée dans mon bureau pour m’annoncer qu’elle ne viendrait plus à l’église. J’espérais que ce serait temporaire mais, en fait, elle s’en est tenue à cette décision et je ne l’ai plus jamais revue. Pendant plus de vingt ans, Sophronia a mené une vie éloignée de l’Évangile. 

En 2024, lorsque nous sommes arrivés en mission à Tahiti, nous avons été ravis de la revoir et encore plus heureux d’apprendre qu’elle était revenue à l’Église deux ans plus tôt. Elle a partagé avec nous ce qui l’avait poussée à revenir : 

« Il faut que vous sachiez que pendant toute la période où j’ai été absente de l’Église, j’ai gardé mon témoignage de l’Évangile et j’avais le profond désir que ma fille, Kahaili, grandisse comme moi, dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je voulais qu’elle sache que Dieu vit, qu’Il l’aime et qu’Il a un plan pour qu’elle revienne vivre avec lui et sa famille si elle respecte ses commandements. Pourtant, je ne voulais pas retourner moi-même à l’église. C’était plutôt contradictoire, n’est-ce pas ? 

« Kahaili assistait de temps en temps aux réunions avec ma mère, mais cette participation épisodique ne la préparait pas sérieusement pour son baptême. En 2022, alors que Kahaili avait six ans et demi, j’ai réalisé que nous n’avions qu’un an et demi pour nous préparer. Je dis « nous » parce que ce processus signifiait que je devrais m’impliquer personnellement, sans compter sur ma mère ou quelqu’un d’autre. 

Je lui ai demandé : « Kahaili, veux-tu être baptisée quand tu auras 8 ans ? 

Sans hésiter, elle a répondu : « Oui, maman, je veux être baptisée ! ». 

Son enthousiasme m’a stupéfiée et, dans cet élan de ferveur, j’ai trouvé le courage de faire l’effort de retourner à l’église. 

« Nous avons assisté seules à ce premier dimanche de réunions à la chapelle. Mais peu après, mon mari Cyril s’est joint à nous, sentant que sa place était avec nous. Lorsque Kahaili a exprimé son désir que son père la baptise, j’ai répondu avec un sourire force : « Eh bien, demande à ton père, on ne sait jamais ! », ne croyant pas un instant que cela puisse arriver. Son père a répondu : « Si j’en ai la possibilité, ma fille, je le ferai ». 

Le Seigneur est alors intervenu dans la vie de Cyril. Il s’est converti en lisant Éther 12:4 : « C’est pourquoi, quiconque croit en Dieu peut espérer avec certitude un monde meilleur, oui, une place à la droite de Dieu, espérance qui vient de la foi et constitue, pour l’âme des hommes, une ancre qui les rend sûrs et constants, toujours abondants en bonnes œuvres, amenés à glorifier Dieu ». 

Cette écriture sur l’espérance qui devient une ancre a trouvé un écho profond chez Cyril, qui s’est souvenu avoir failli se noyer dans un lagon des Tuamotu des années plus tôt. Alors qu’il pêchait, son ancre s’est détachée et son bateau a dérivé. Il s’est épuisé en nageant désespérément pour tenter de le rattraper. Par miracle, l’ancre du bateau s’est accrochée à une formation corallienne, ce qui a arrêté le bateau et permis à Cyril de le rejoindre. Il décrit toujours cet événement comme un miracle qui lui a sauvé la vie. 

Cyril est né de nouveau en étant baptisé le 28 mars 2024, le jour de son 50e anniversaire. Le mois suivant, il a baptisé Kahaili. Le plus grand moment a eu lieu le 12 avril 2025 lorsque Sophronia, Cyril et Kahaili ont été scellés au temple de Papeete. Nous avons eu le privilège d’assister à cette cérémonie sacrée. 

Je partage cette histoire pour témoigner qu’il y a toujours de l’espoir lorsque des membres de la famille s’éloignent de l’Église. Même si cela prend un quart de siècle, par la foi en Jésus-Christ, un miracle est toujours possible.