Vivre l’Évangile de Jésus-Christ
Il y a toujours de l’espoir !
Lorsque avec mon épouse, nous avons été appelés en mission de couple à Tahiti, nous ne pensions pas que nous vivrions autant d’expériences aussi belles qu’inattendues.
Je vais vous raconter l’une d’elles.
Il y a plus de vingt-cinq ans, alors que je travaillais pour les Séminaires et Instituts de religion et étais Évêque de la paroisse d’Aix-en-Provence (pieu de Nice), j’ai vu débarquer Sophronia en provenance de Tahiti. Elle venait faire ses études en métropole.
On voyait que c’était une jeune adulte qui avait des connaissances solides de l’Évangile, ayant grandi dans l’Église. Ce fut donc déroutant de la voir venir un jour dans mon bureau pour m’annoncer qu’elle ne viendrait plus à l’Église. J’espérais que cela serait passager, mais, effectivement, elle a mis son désir à exécution et je ne l’ai plus revue. Pendant plus de vingt ans, Sophronia a mené une vie éloignée de l’Évangile.
Lorsque nous sommes arrivés en mission à Tahiti en 2024, nous avons été heureux de la retrouver, mais encore plus d’apprendre qu’elle était revenue à l’Église depuis deux ans.
Elle raconte ce qui l’a aidée à franchir le pas :
« Il faut savoir que, pendant tout le temps où j’ai quitté l’Église, j’ai gardé mon témoignage de l’Évangile et j’avais le profond désir que ma fille, Kahaili, soit enseignée et grandisse comme j’en avais eu l’occasion, dans l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours. Je voulais qu’elle grandisse en sachant que Dieu vit, qu’il l’aime et qu’il a un plan pour qu’elle puisse retourner vivre auprès de lui et de sa famille, si elle accepte de garder ses commandements. Sauf que… évidemment, moi, je ne voulais pas revenir à l’Église. Très contradictoire n’est-ce pas ?
« Kahaili avait eu l’occasion d’assister aux réunions de l’Église grâce à ma mère qui venait parfois la chercher, quand elle n’était pas absente du territoire, ce qui arrivait souvent à l’époque et pour de très longs mois, ou quand Kahaili consentait à la suivre à l’église.
« Cette fréquentation en pointillés, de temps en temps, par ci par là, n’allait certainement pas l’aider à être prête pour son baptême. J’ai commencé à me dire qu’il fallait peut-être commencer à songer sérieusement au baptême de ma fille.
« Nous étions en 2022, Kahaili avait six ans et demi et donc il ne nous restait qu’un an et demi pour NOUS préparer. Je dis NOUS, car, bien sûr, ce processus impliquait que j’allais devoir mettre la main à la pâte et la préparer moi-même sans compter sur ma mère ou sur quelqu’un d’autre.
« Je lui ai posé la question :
— Kahaili, veux-tu te faire baptiser quand tu auras 8 ans ?
— Mais oui maman, je veux me faire baptiser ! m’a-t-elle immédiatement répondu.
Ses paroles et son enthousiasme étaient si puissants et m’ont tellement étonnée, que là, dans ce débordement de ferveur, j’ai trouvé le courage de faire le sacrifice de commencer à revenir à l’Église.
« Nous sommes allées seules à l’église le dimanche qui a suivi. Mais les fois d’après – et je lui suis tellement reconnaissante pour cela – mon mari, Cyril, était présent, considérant que sa place était auprès de nous.
« Kahaili tenait à ce que ce soit son papa qui la baptise. N’y croyant pas moi-même une seconde et avec un sourire figé, je lui ai répondu :
— Et bien, demande à ton papa, on ne sait jamais !
À cette époque-là, même en rêve, je ne caressais pas l’espoir que cela puisse arriver. Son père lui a répondu :
— Si je peux ma fille, je le ferai. »
Évidemment, il fallait franchir des étapes pour que cela puisse se faire. Alors, le Seigneur est intervenu pour Cyril. Le déclic qui lui a fait accepter le baptême, a été de lire dans les Écritures, Éther 12:4 : « C’est pourquoi, quiconque croit en Dieu peut espérer avec certitude un monde meilleur, oui, une place à la droite de Dieu, espérance qui vient de la foi et constitue, pour l’âme des hommes, une ancre qui les rend sûrs et constants, toujours abondants en bonnes œuvres, amenés à glorifier Dieu. »
Cette phrase sur l’espérance qui vient de la foi et cette ancre a résonné au plus profond de lui en repensant au jour où il avait failli se noyer aux Tuamotus (Manihi) il y a quelques années : l’ancre de son bateau s’était en effet détachée. Le bateau avait dérivé pendant que Cyril pêchait au cœur du vaste lagon de l’île de Manihi. Lorsqu’il s’en était rendu compte, l’embarcation était déjà très loin, poussé par le vent et le courant. Il s’était alors élancé à la nage tentant désespérément de la rattraper, en vain. À bout de souffle, il pensait ne jamais y parvenir. Par un incroyable hasard, l’ancre s’est accrochée à une colonne de coraux en plein milieu du lagon stoppant son bateau. C’est grâce à cela qu’il avait pu le rejoindre. Il parle encore de ce moment comme d’un miracle : il était à bout de forces, au bord de l’épuisement. Sans cette ancre qui avait arrêté son bateau, il ne serait plus là aujourd’hui.
Comme une renaissance, Cyril s’est fait baptiser le 28 mars 2024, le jour de ses 50 ans. Le mois suivant, il baptisait leur fille Kahaili.
Le couronnement de cette belle histoire a eu lieu le samedi 12 avril 2025 lorsque Sophronia, Cyril et Kahaili ont été scellés au temple de Papeete. Nous avons eu l’immense bonheur d’assister à la cérémonie.
Je voulais raconter cette histoire pour témoigner qu’il y a toujours de l’espoir lorsqu’un membre de la famille s’éloigne de l’Église et que, même si cela prend un quart de siècle, un miracle reste toujours possible.