Pages locales
Un parcours de foi
Je suis né le 7 mars 1998 à Congo Town, près de Monrovia. Pendant mon enfance, j’allais régulièrement à l’église avec ma grand-mère, dans une autre église. Malheureusement, lorsqu’elle est décédée en 2009 des suites d’une hypertension, j’ai automatiquement arrêté d’aller à l’église, car il n’y avait plus personne pour m’encourager à y aller et à apprendre comment être sauvé et obtenir le salut.
En grandissant, je suis devenu curieux au sujet de la spiritualité, en particulier de la manière dont on obtient le salut afin d’aller un jour au paradis. Cela est devenu mon objectif et mon souhait, car ma grand-mère me disait toujours que le paradis est bien meilleur que la grande Amérique que je rêvais tant de visiter.
Cependant, je ne suis plus jamais allé à l’église. Plus tard, j’ai déménagé à Brewerville, sans aucune participation aux activités d’églises. Un grand arbre était tombé dans la famille — il n’y avait plus de soutien, et chacun devait désormais se débrouiller tout seul. J’ai commencé à chercher des possibilités de faire des études, car ma grand-mère n’était plus là.
Ma vie a pris de nombreux tournants, comme c’est le cas pour la plupart des gens, et à travers toutes ces expériences, je me suis retrouvé à la croisée des chemins, en quête de quelque chose de plus significatif.
Un ami missionnaire de retour
Plus tard, un jeune homme originaire du Nigeria est venu s’installer dans notre quartier. J’ai appris par la suite qu’il était un missionnaire de retour qui avait récemment terminé sa mission et s’était installé dans mon quartier. J’aimais passer du temps avec lui à cause de son accent étrange et de ses histoires sur le développement au Nigéria — les belles rues et les grandes villes.
Un jour, alors que nous étions en train de discuter, l’un de mes collègues, Amos Bangura, a fait une remarque : « Le Liberia, c’est l’enfer, et si tu nais et meurs au Liberia pour ensuite aller en enfer, c’est une double punition. Alors Dieu n’est pas juste, parce que la vie est trop difficile au Liberia. »
Le missionnaire de retour, Frère James Kolue, a rapidement saisi cette occasion pour nous enseigner l’amour de notre Père céleste pour tous Ses enfants — peu importe leur lieu de naissance, leur origine familiale ou leur pays. Il nous a appris que l’amour de Dieu surpasse tout ce que nous pouvons imaginer.
Après son enseignement, je lui ai tout de suite demandé : « Quelle église fréquentes-tu ? »
Il a répondu : « Je fréquente l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. As-tu déjà entendu parler de cette Église ? »
J’ai rapidement répondu : « Oui, je vois parfois leurs missionnaires passer. »
Il m’a alors demandé si je voulais apprendre avec les missionnaires, et j’ai accepté l’invitation. J’ai commencé à rencontrer les missionnaires. Ils étaient accueillants et gentils, et leur message sur Jésus-Christ et le plan du salut me semblait différent de tout ce que j’avais entendu auparavant.
J’ai passé plusieurs semaines à en apprendre davantage sur leurs croyances et à lire le Livre de Mormon. Il y avait quelque chose dans leurs enseignements qui résonnait profondément en moi. Je me souviens du jour où j’ai prié pour la première fois afin de savoir si l’Église était vraie. J’ai ressenti une paix immense, quelque chose que je n’avais jamais ressenti auparavant.
C’est à ce moment-là que j’ai su que je devais passer à l’étape suivante.
Cependant, la vie est devenue difficile, donc, j’ai déménagé à Logan Town à la recherche d’opportunités. J’y ai rencontré différents missionnaires et je les ai arrêtés pour leur expliquer que j’avais déjà commencé à apprendre avec les missionnaires à Brewerville. Ils ont contacté les autres missionnaires et ont poursuivi mon enseignement.
Les missionnaires m’ont présenté à l’évêque, qui était alors l’évêque Paul Wrotto. Il m’a guidé et soutenu pendant que je franchissais cette nouvelle étape. Peu de temps après, j’ai été baptisé. Dès que je suis sortie de l’eau, je me suis senti comme une nouvelle personne. Mon cœur était rempli, mon esprit plus clair et j’étais prêt à suivre le chemin que mon Père céleste avait tracé pour moi.
L’Évangile a tout changé dans ma vie, et j’ai ressenti un profond désir de le partager avec les autres — tout comme les missionnaires l’avait partagé avec moi.
Un désir de partager l’Évangile
Je me suis senti poussé à servir une mission à plein temps et j’en ai parlé avec l’évêque Wrotto. La décision n’a pas été facile. J’avais des doutes à l’idée de laisser derrière moi la vie que je connaissais, surtout le petit boulot que j’avais eu tant de mal à trouver. Mais mon évêque m’a dit deux choses qui sont restées gravées dans mon cœur :
-
Dieu te connaît personnellement — Cherche premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses te seront données en plus.
-
Tu dois consacrer du temps à Dieu. Ce n’est pas à Dieu de créer plus du temps pour toi.
Ces mots me revenaient sans cesse à l’esprit. Je savais que c’était ce que je devais faire.
J’ai commencé à me préparer pour ma mission et j’ai été appelé à servir dans la mission d’Accra au Ghana, sous la direction de Président et Sœur Young. J’ai quitté mon emploi pour me préparer pleinement, mais l’inattendu s’est produit : la COVID-19.
La pandémie s’est rapidement propagée, les bâtiments ont été confinés, les églises étaient fermées, et les rassemblements publics suspendus. Le centre de formation des missionnaires (CFM) était fermé, et je me suis retrouvé coincé à la maison — sans emploi, sans mission — juste frustré.
Pendant cette période, j’ai commencé à remettre en question ma décision. Mais mon évêque m’a encouragé à utiliser ce temps comme une occasion d’étudier les Écritures et de suivre le programme Viens et suis-moi.
Plus tard, nous avons été informés que nous commencerions la formation au CFM en ligne. Finalement, j’ai eu la bénédiction de servir dans la mission de Ghana Accra.
Ma mission m’a amené dans des endroits où j’ai rencontré des personnes formidables et travaillé avec des compagnons qui m’ont appris à être audacieux en faisant connaître l’Évangile et patient en aidant les autres à trouver cette même joie que j’avais trouvée.
À mon retour, j’ai ressenti le désir de faire connaître l’Évangile à ma famille — en particulier à mon frère. Il avait été sceptique lorsque j’avais rejoint l’Église. Il ne comprenait pas pourquoi j’y mettais autant de zèle. Mais au lieu de le contraindre, j’ai décidé de vivre par l’exemple.
Un soir, je me suis assis avec lui et j’ai rendu mon témoignage. Je lui ai raconté comment l’Évangile avait changé ma vie. À ma grande surprise, il m’a écouté. Nous avons discuté du Livre de Mormon, des enseignements de Jésus-Christ et du rétablissement de l’Évangile. Ce n’étais pas très rapide, mais avec le temps, il a commencé à lire et à prier tout seul.
Des mois plus tard, mon frère a pris la décision de se faire baptiser. J’étais très heureux. Je l’ai vu changer, grandir, et la même lumière que j’avais ressentie autrefois a commencé à briller en lui.
Finalement, il s’est senti inspiré à faire une mission à plein temps. Il sert actuellement dans la mission de Kinshasa Ouest.
Je suis très heureux de voir les progrès qu’il a accompli. Je sais qu’il touchera des vies et qu’il aidera d’autres personnes à trouver la paix qui découle de la connaissance de Jésus-Christ.
L’Évangile est conçu pour être partagé, et je continuerai à le partager avec ceux qui m’entourent, tout comme je l’ai partagé un jour avec mon frère.
En réfléchissant à mon parcours — depuis ma rencontre avec les missionnaires, en devenant moi-même un missionnaire et en aidant mon frère à trouver sa propre voie — je sais que le plan du Seigneur est bien plus grand que ce que nous pouvons comprendre.
J’appelle cette histoire « Un parcours de foi ».