2025
S’encourager mutuellement
Novembre 2025


11:52

S’encourager mutuellement

Seul le Seigneur connaît pleinement nos limites et notre capacité personnelles, et pour cette raison, il est le seul entièrement qualifié pour juger nos performances.

J’ai lu récemment une histoire qui m’a profondément touchée. Elle s’est déroulée au USA Masters Track and Field National Championship, une compétition pour les personnes âgées.

L’un des participants à la course du 1 500 mètres, Orville Rogers, était âgé de 100 ans. L’auteur a écrit :

« Lorsque le coup de pistolet de départ a retenti, les coureurs se sont élancés et Orville s’est immédiatement retrouvé en dernière position, où il est resté seul pendant toute la course en avançant très lentement. [Lorsque] le dernier coureur, à part Orville, a terminé la course, il lui restait encore deux tours et demi à parcourir. Près de 3 000 spectateurs sont restés assis calmement, le regardant faire lentement le tour de la piste, complètement seul dans un silence inconfortable.

« [Cependant], lorsqu’il a entamé son dernier tour de piste, la foule s’est levée en l’applaudissant pour l’encourager. Lorsqu’il a abordé la dernière ligne droite, la foule était en liesse. En entendant les encouragements enthousiastes de milliers de spectateurs, Orville a puisé dans ses dernières réserves d’énergie. La foule a explosé de joie lorsqu’il a franchi la ligne d’arrivée où les autres concurrents l’ont accueilli à bras ouverts. Humblement et reconnaissant, Orville a salué la foule et a quitté la piste avec ses nouveaux amis. »

C’était la cinquième course d’Orville dans cette compétition, et dans chacune des autres épreuves, il avait également terminé à la dernière place. Certaines personnes auraient été tentées de juger Orville, se disant qu’à son âge, il n’aurait même pas dû participer, qu’il n’avait pas sa place sur la piste, car il rallongeait considérablement chacune des épreuves pour tout le monde.

Malgré le fait qu’il terminait toujours dernier, Orville a battu cinq records du monde ce jour-là. Personne parmi les spectateurs n’aurait cru cela possible, mais ni eux ni les autres coureurs n’étaient les juges. Orville n’a enfreint aucune règle et les organisateurs n’ont pas abaissé le niveau des exigences. Il a participé à la même compétition et a rempli les mêmes exigences que tous les autres coureurs. Toutefois, il a été tenu compte de son niveau de difficulté, en l’occurrence son âge et ses capacités physiques limitées, puisqu’il concourait dans la catégorie des 100 ans et plus. Et dans cette catégorie, il a battu cinq records du monde.

Tout comme il a fallu beaucoup de courage à Orville chaque fois qu’il s’est élancé sur cette piste, il faut également beaucoup de courage à certains de nos frères et sœurs pour s’engager chaque jour dans l’arène de la vie, sachant qu’ils risquent d’être jugés injustement, alors qu’ils font de leur mieux pour suivre le Sauveur et respecter les alliances qu’ils ont contractées avec lui malgré une adversité décourageante.

Peu importe où nous vivons dans le monde, peu importe, notre âge, nous avons tous fondamentalement besoin d’éprouver un sentiment d’appartenance, de savoir que nous sommes désirés et nécessaires, et que notre vie a un sens et un but, quelles que soient notre situation ou nos limites.

Pendant le dernier tour de piste, la foule a massivement encouragé Orville, lui donnant la force de continuer. Cela n’avait aucune importance qu’il finisse dernier. Pour les athlètes et la foule, c’était beaucoup plus qu’une compétition. De bien des façons, c’était un bel exemple de l’amour du Sauveur en action. Lorsque Orville a terminé, ils se sont tous réjoui ensemble.

Tout comme le Masters Championship, nos assemblées et notre famille peuvent être des lieux de rassemblement où nous nous encourageons mutuellement – des communautés d’alliances nourries par l’amour du Christ les uns pour les autres – nous aidant à surmonter les difficultés que nous rencontrons, nous apportant force et soutien sans nous juger les uns les autres. Nous avons besoin les uns des autres. La force divine vient de l’unité et c’est pourquoi Satan cherche à nous diviser.

Malheureusement, pour certains d’entre nous, il peut parfois être difficile d’assister aux réunions de l’église pour diverses raisons. Ce peut être causé par des questions spirituelles, de l’anxiété sociale ou une dépression. C’est peut-être lié au fait d’être d’une ethnie ou d’un pays différent, ou d’avoir des expériences de vie ou des points de vue différents qui font penser à une personne qu’elle n’arrivera jamais à s’intégrer. Il peut même s’agir de parents en manque de sommeil et épuisés émotionnellement par des bébés et de jeunes enfants ou de quelqu’un qui est célibataire dans une assemblée remplie de couples et de familles. Ce peut être une personne ayant besoin de trouver le courage de revenir à l’église après des années d’absence ou rongée par l’idée qu’elle ne sera jamais à la hauteur ni à sa place.

Russell M. Nelson a dit : « Un couple de votre paroisse qui divorce, un jeune qui rentre prématurément de mission ou un adolescent qui remet son témoignage en question n’ont pas besoin de votre jugement. Ils ont besoin de percevoir l’amour pur de Jésus-Christ dans vos paroles et vos actions. »

Notre expérience à l’église est destinée à créer des liens essentiels avec le Seigneur et entre nous, si précieux pour notre bien-être émotionnel et spirituel. Un élément inhérent aux alliances que nous contractons avec Dieu, tout d’abord au baptême, est notre responsabilité de s’aimer et de se soutenir les uns les autres en tant que membres de la famille de Dieu, membres du corps du Christ, mais pas seulement pour cocher une case sur une liste de choses à faire.

L’amour et le soin que nous prenons les un des autres à la manière du Christ est d’une nature plus élevée et plus sainte. L’amour pur du christ est la charité. Russell M. Nelson a enseigné : « La charité nous pousse à ‘porter les fardeaux les uns des autres’ [Mosiah 18:8] et non à se les amonceler les uns sur les autres. »

Le Sauveur a dit : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Russell M. Nelson a ajouté : « La charité est la caractéristique principale d’un vrai disciple de Jésus-Christ. […] Le message du Sauveur est clair : ses vrais disciples édifient, élèvent, encouragent, persuadent et inspirent. […] La façon dont nous nous adressons à d’autres personnes et parlons d’elles […] importe vraiment. »

Les enseignements du Sauveur à ce sujet sont très simples. Ils sont résumés dans la règle d’or : Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Mettez-vous à la place de cette personne et traitez-la comme vous aimeriez être traité si vous étiez à sa place.

Traiter les autres à la manière du Christ s’étend largement au-delà de notre famille et de nos assemblées. Cela inclut nos sœurs et nos frères d’autres confessions ou sans confession du tout. Mais aussi ceux qui viennent d’autres pays ou cultures, ou qui ont des opinions politiques différentes des nôtres. Nous faisons tous partie de la famille de Dieu et il aime tous ses enfants. Il désire que ses enfants l’aiment lui et aussi s’aiment les uns les autres.

La vie du Sauveur était un exemple d’amour, il rassemblait et édifiait même ceux que la société avait jugés comme parias et impurs. Il est un exemple qu’il nous est commandé de suivre. Nous sommes ici pour acquérir les attributs du Christ et devenir un jour comme notre Sauveur. Son Évangile n’est pas une liste de tâches à effectuer, c’est un Évangile de changement, pour devenir comme lui et aimer comme il le fait. Il veut que nous devenions un peuple de Sion.

À la fin de ma vingtaine, j’ai traversé une période de profonde dépression et, pendant cette période, c’était comme si la réalité que Dieu existait avait soudainement disparue. Je ne peux pas vraiment expliquer ce que je ressentais, mais je me sentais complètement perdue. Depuis que j’étais petite fille, j’avais toujours su que mon Père céleste était là et que je pouvais lui parler. Mais pendant cette période, je ne savais plus s’il y avait un Dieu. Je n’avais jamais rien vécu de semblable auparavant et j’avais l’impression que toutes mes croyances fondamentales s’écroulaient.

Pour cette raison, j’avais du mal à aller à l’église. J’y allais, mais c’était en partie parce que j’avais peur qu’on dise que j’étais « non pratiquante » ou « moins fidèle » et je craignais de devenir un « projet » attribué à quelqu’un. Ce dont j’avais vraiment besoin à ce moment-là, c’était de ressentir l’amour, la compréhension et le soutien sincères des gens autour de moi, et non d’être jugée.

Certaines des suppositions que je craignais que les gens fassent à mon sujet, je les avais moi-même faites à propos d’autres personnes quand elles n’assistaient pas régulièrement aux réunions de l’Église. Cette expérience personnelle douloureuse m’a appris des leçons précieuses sur les raisons pour lesquelles il nous est commandé de ne pas nous juger injustement les uns les autres.

Y a-t-il parmi nous des personnes qui souffrent en silence, craignant que leurs combats cachés ne soient découverts parce qu’elles ne savent pas comment les autres réagiront ?

Seul le Seigneur connaît pleinement le niveau réel de difficulté avec lequel chacun de nous mène sa vie, les fardeaux que nous portons, les difficultés et les obstacles que nous affrontons et qui sont souvent invisibles aux yeux des autres. Lui seul comprend pleinement les blessures et les traumatismes qui ont bouleversé la vie de certains d’entre nous dans le passé et qui continuent de nous affecter aujourd’hui.

Souvent, nous nous jugeons nous-mêmes sévèrement, pensant que nous devrions être bien plus loin sur le chemin. Seul le Seigneur connaît pleinement nos limites et notre capacité personnelles, c’est pourquoi il est le seul pleinement qualifié pour juger nos performances.

Sœurs et frères, soyons comme les spectateurs de cette histoire et encourageons-nous mutuellement dans notre parcours de disciple, peu importe notre situation ! Il n’est pas nécessaire d’enfreindre des règles ou d’abaisser le niveau des exigences. C’est en fait le deuxième grand commandement, aimer notre prochain comme nous-mêmes. Et, comme notre Sauveur l’a dit : « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites », bonnes ou mauvaises. Il nous a aussi dit : « Si vous n’êtes pas un, vous n’êtes pas de moi. »

Dans la vie de chacun de nous, il y aura des moments où nous serons ceux qui ont besoin d’aide et d’encouragement. Engageons-nous dès maintenant à toujours nous soutenir les uns les autres. En agissant ainsi, nous parviendrons à une plus grande unité et donnerons au Sauveur l’occasion d’accomplir son œuvre sacrée, celle de guérir et de transformer chacun de nous.

À chacun de vous qui avez peut-être l’impression d’être très à la traîne dans la course de la vie, ce voyage dans la condition mortelle, n’abandonnez pas. Seul le Sauveur peut juger pleinement où vous devriez être aujourd’hui, et il est compatissant et juste. Il est le grand juge de la course de la vie et le seul à comprendre pleinement le niveau de difficulté selon lequel vous courez, marchez ou avancez lentement. Il tiendra compte de vos limites, de vos capacités, de votre vécu, des fardeaux cachés que vous portez, ainsi que des désirs de votre cœur. Vous êtes peut-être en train de battre des records du monde symboliques. Ne perdez pas espoir. Continuez d’avancer ! Restez ! Vous avez votre place ici ! Le Seigneur a besoin de vous et nous avons besoin de vous !

Où que vous viviez dans le monde, aussi loin que cela puisse être, n’oubliez jamais que votre Père céleste et votre Sauveur vous connaissent parfaitement et vous aiment d’un amour parfait. Ils ne vous oublient jamais. Ils veulent vous ramener à eux.

Gardez les yeux fixés sur le Sauveur. Il est votre barre de fer. Ne le lâchez pas. Je témoigne qu’il vit et que vous pouvez lui faire confiance. Je témoigne aussi qu’il vous encourage.

Je prie pour que nous suivions tous l’exemple du Sauveur et nous encouragions mutuellement. Au nom de Jésus-Christ. Amen.