2025
Faites votre part de tout votre cœur
Novembre 2025


15:22

Faites votre part de tout votre cœur

Faites confiance au Sauveur et engagez-vous, patiemment et diligemment, à faire votre part de tout votre cœur.

L’année dernière, lors d’un voyage en Europe, j’ai revisité mon ancien lieu de travail, la compagnie aérienne allemande Lufthansa, à l’aéroport de Francfort.

Pour former ses pilotes, la compagnie utilise plusieurs simulateurs de vol sophistiqués, capables de reproduire fidèlement les mouvements et de recréer presque toutes les situations de vol normales ou d’urgence. Durant mes nombreuses années en tant que commandant de bord, je devais, tous les six mois, effectuer un vol de contrôle sur le simulateur pour conserver ma licence de pilote. Je me souviens bien de ces moments intenses de stress et d’anxiété, mais aussi du sentiment d’accomplissement après avoir réussi le test. À l’époque, j’étais jeune et j’aimais relever ces défis.

Lors de ma visite, un dirigeant de Lufthansa m’a demandé si je souhaitais retenter l’expérience et reprendre les commandes du simulateur de vol d’un 747.

Avant même d’avoir eu le temps de réfléchir à la question, j’ai entendu une voix, étonnamment semblable à la mienne, répondre : « Oui, ça me ferait très plaisir. »

Aussitôt, un véritable tsunami de pensées m’a envahi. Cela faisait longtemps que je n’avais pas piloté de 747. Autrefois, j’étais un jeune commandant de bord sûr de lui. Maintenant, je devais honorer ma réputation d’ancien commandant de bord en chef. Allais-je me ridiculiser devant ces professionnels ?

Mais il était trop tard pour faire marche arrière. Je me suis installé dans le siège du commandant, j’ai posé les mains sur ces commandes familières que j’aimais tant, et j’ai ressenti à nouveau l’extase de l’envol alors que le gros porteur rugissait sur la piste et s’élançait vers l’immensité bleue.

Je suis heureux de pouvoir vous dire que le vol a été une réussite, l’appareil est resté intact, tout comme l’image que j’ai de moi.

Malgré tout, cette expérience a été pour moi une leçon d’humilité. À l’époque où j’étais au sommet de ma carrière, voler était presque devenu une seconde nature. Aujourd’hui, il me faut toute ma concentration pour accomplir les gestes de base.

Mener une vie de disciple demande de la discipline

Cette expérience dans le simulateur de vol m’a rappelé une vérité essentielle : la maîtrise de n’importe quel domaine, que ce soit le pilotage, l’aviron, le jardinage ou le savoir, exige de la discipline personnelle constante et une pratique régulière.

On peut passer des années à acquérir une compétence ou un talent. On peut travailler dur au point que cela devienne une seconde nature. Mais si l’on pense pouvoir cesser de s’exercer et d’étudier, on perd progressivement les connaissances et les capacités acquises à grand prix.

Cela vaut pour les compétences, comme l’apprentissage d’une langue, la pratique d’un instrument de musique ou le pilotage d’un avion de ligne. Et cela vaut tout autant pour le fait de devenir un disciple du Christ.

Pour faire simple, mener une vie de disciple demande de la discipline personnelle.

Ce n’est pas une démarche occasionnelle ni le fruit du hasard.

La foi en Jésus-Christ est un don, mais recevoir ce don est un choix conscient qui exige que nous nous engagions de tout notre « pouvoir, de toute [notre] pensée et de toute [notre] force ». Cela demande une pratique quotidienne, heure après heure. Cela demande un apprentissage constant et un engagement déterminé. Notre foi, c’est à dire notre loyauté envers le Sauveur, se renforce lorsqu’elle est mise à l’épreuve par l’opposition que nous rencontrons dans la condition mortelle. Elle résiste parce que nous continuons de la nourrir, nous continuons de l’exercer activement, et nous n’abandonnons jamais.

D’un autre côté, si nous n’utilisons pas la foi et son pouvoir de persuasion en agissant en conséquence, nous devenons moins sûrs de ce que nous tenions autrefois pour sacré, moins confiants dans ce que nous savions être vrai.

Des tentations qui ne nous auraient jamais attirés commencent à paraître moins révoltantes et plus séduisantes.

Le feu du témoignage d’hier ne peut nous réchauffer que pendant un certain temps. Il doit être constamment nourri pour que sa flamme reste vive.

Dans le Nouveau Testament, le Sauveur enseigne une parabole à propos d’un maître qui confie à chacun de ses serviteurs une responsabilité sacrée : une somme d’argent qu’on appelait « talents ». Les serviteurs qui utilisent leurs talents avec diligence les font fructifier. Celui qui enfouit son talent finit par le perdre.

La leçon ? Dieu nous donne des dons — sous forme de connaissance, de capacités, de possibilités — et il veut que nous les utilisions et les développions afin qu’ils soient une bénédiction pour nous et pour ses autres enfants. Cela ne se produit pas si nous les rangeons en haut d’une étagère, comme un trophée que nous admirons de temps en temps. Nos dons ne se développent et ne se multiplient que lorsque nous nous en servons.

Vous avez des dons

Vous pourriez me dire : « Frère Uchtdorf, je n’ai aucun don ni talent, du moins aucun qui ait vraiment de la valeur. » Peut-être regardez-vous d’autres personnes, dont les dons sont évidents et impressionnants, et vous vous sentez ordinaire en comparaison. Vous imaginez peut-être que, dans l’existence prémortelle, lors du grand banquet de distribution des dons et des talents, votre assiette était tristement vide, comparée aux platées débordantes des personnes qui vous entouraient.

Oh, comme j’aimerais vous prendre dans mes bras et vous faire comprendre cette grande vérité : vous êtes un être de lumière béni, l’enfant spirituel d’un Dieu infini ! Vous portez en vous un potentiel qui dépasse votre imagination.

Comme l’ont dit des poètes, vous êtes venus sur terre « en traînant des nuées de gloire » !

Vos origines sont divines. Votre destinée l’est aussi. Vous avez quitté le ciel pour venir ici, mais le ciel ne vous a jamais quitté !

Vous êtes tout sauf ordinaire.

Vous avez des dons !

Dans les Doctrine et Alliances, Dieu a déclaré :

« Car il y a de nombreux dons, et chacun reçoit un don par l’Esprit de Dieu.

« Les uns en reçoivent un et les autres en reçoivent un autre, afin que tous en profitent. »

Certains de nos dons sont mentionnés dans les Écritures. Beaucoup d’autres ne le sont pas.

Comme le prophète Moroni l’a dit : « Ne [niez pas] les dons de Dieu, car ils sont nombreux ; et ils viennent du même Dieu. » Ils peuvent se manifester « de différentes façons ; mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous ».

Nos dons spirituels ne sont pas toujours spectaculaires, mais cela ne signifie pas qu’ils sont moins importants. Je vais vous en énoncer quelques-uns que j’ai remarqués chez de nombreux membres à travers le monde. Demandez-vous si vous avez reçu l’un de ces dons :

  • faire preuve de compassion ;

  • remarquer les personnes qu’on oublie facilement ;

  • trouver des raisons d’être joyeux ;

  • être un artisan de paix ;

  • remarquer les petits miracles ;

  • faire des compliments sincères ;

  • pardonner ;

  • se repentir ;

  • persévérer ;

  • expliquer les choses simplement ;

  • interagir positivement avec les enfants ;

  • soutenir les dirigeants de l’Église ;

  • savoir inclure tout le monde.

Ces dons ne seront peut-être pas exposés lors de la prochaine soirée de talents de votre paroisse. Mais j’espère que vous voyez à quel point ils sont précieux dans l’œuvre du Seigneur et comment, grâce à eux, vous avez pu édifier l’un des enfants de Dieu, être une bénédiction pour lui ou même le sauver. Souvenez-vous que « c’est par des choses petites et simples que de grandes choses sont réalisées ».

Alors, faisons tous notre part, aussi petite soit-elle.

Faites votre part

Mes chers frères et sœurs, chers amis, je prie pour que l’Esprit vous aide à reconnaître les dons et les talents que Dieu vous a accordés. Ensuite, comme les serviteurs fidèles de la parabole du Seigneur, faisons-les fructifier et magnifions-les.

Le jour viendra où nous nous tiendrons devant un Père céleste compatissant pour rendre compte de notre intendance. Il voudra savoir ce que nous avons fait des dons qu’il nous a confiés, en particulier, comment nous les avons utilisés pour être une bénédiction pour ses enfants. Dieu sait qui nous sommes réellement, qui nous sommes destinés à devenir, et c’est pour cela qu’il attend beaucoup de nous.

Mais il n’attend pas de nous un acte grandiose, héroïque ou surhumain pour y parvenir. Dans le monde qu’il a créé, la progression se produit pas à pas et avec patience, mais aussi constamment et sans relâche.

Souvenez-vous que c’est Jésus-Christ qui a déjà fait la partie surhumaine en triomphant de la mort et du péché.

Notre rôle est de suivre le Christ. C’est à nous de nous détourner du péché, de nous tourner vers le Sauveur, et de marcher sur son chemin, un pas à la fois. Quand nous le faisons avec diligence et fidélité, nous finissons par nous libérer des chaînes de nos imperfections et de nos fautes, et nous nous affinons peu à peu, jusqu’au jour parfait où nous serons rendus parfaits en Christ.

Les bénédictions sont à notre portée. Les promesses sont là. La porte est grande ouverte. C’est à nous de choisir d’entrer et de commencer.

Le début sera peut-être modeste. Mais ce n’est pas grave.

Là où la foi est faible, commencez par avoir l’espérance en Jésus le Christ, et en son pouvoir de purifier et de sanctifier.

Notre Père nous demande de relever ce défi d’avoir la foi et d’être des disciples non pas comme des touristes nonchalants, mais comme des croyants sincères qui laissent derrière eux et abandonnent Babylone, et tournent leur cœur, leur esprit et leurs pas vers Sion.

Nous savons que nos efforts seuls ne suffiront pas à nous rendre célestes. Mais nos efforts peuvent faire de nous des disciples loyaux et engagés envers Jésus, le Christ, car c’est lui qui peut nous rendre célestes.

Grâce à notre Sauveur bien-aimé, il n’existe pas de situation sans issue. Si nous plaçons notre espérance et notre foi en lui, la victoire nous est assurée. Il nous promet d’accéder à sa force, à son pouvoir, à sa grâce abondante. Pas à pas, petit à petit, nous nous rapprocherons de ce grand jour parfait où nous vivrons avec lui et nos êtres chers dans la gloire éternelle.

Pour y parvenir, nous devons faire notre part aujourd’hui et chaque jour. Nous sommes reconnaissants pour les pas que nous avons faits hier, mais nous ne nous arrêtons pas là. Nous savons qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, mais nous ne laissons pas cela nous décourager.

C’est l’essence de ce que nous sommes lorsque nous suivons le Christ.

Je vous exhorte, vous, tous les membres de l’Église, ainsi que tous ceux qui veulent en faire partie, à faire confiance au Sauveur et à vous engager, patiemment et diligemment, à accomplir votre part de tout votre cœur, et je vous bénis pour que vous y parveniez, afin que votre joie soit complète et qu’un jour, vous receviez tout ce que le Père a. J’en témoigne au nom de Jésus-Christ. Amen.

Notes

  1. Les commandants de bord des compagnies aériennes doivent effectuer un vol de contrôle sur simulateur tous les six mois afin de rester opérationnels et de renouveler leur licence. Cette formation rigoureuse est une exigence réglementaire imposée par les autorités de l’aviation civile, telles que l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA).

  2. Voir 1 Corinthiens 12:9.

  3. Moroni 10:32.

  4. « Tout comme nos muscles ne peuvent se développer ou garder leur force sans lutter contre la loi de la gravité, de même, la progression dans la condition mortelle exige que nous fassions des efforts pour résister aux tentations de Satan et à d’autres oppositions ici-bas » (Dallin H. Oaks, « Les aides divines dans la condition mortelle », Le Liahona, mai 2025, p. 104).

  5. Voir Alma 32:37-43.

  6. Voir Matthieu 25:14-30. Dans les premiers jours du Rétablissement, le Seigneur a fait référence à cette parabole lorsqu’il a réprimandé les frères qui avaient caché les talents qu’il leur avait donnés. Il les a même avertis que s’ils continuaient à enfouir leur talent, « ce qu’ils [avaient] leur [serait] ôté » (voir Doctrine et Alliances 60:2-3).

  7. Parfois, nous accordons trop d’importance aux dons et aux talents, au détriment de la persévérance dans l’effort. L’un des auteurs les plus célèbres de notre époque a écrit : « Bien sûr, il faut un peu de talent, mais le talent est une denrée affreusement bon marché, moins chère que le sel de table. Ce qui distingue l’individu talentueux de l’homme à succès, c’est beaucoup de travail acharné et d’étude. C’est un processus constant d’affinage » (Stephen King, Danse Macabre, 2011, p. 88).

  8. « Ode: Intimations of Immortality from Recollections of Early Childhood », The Poetical Works of William Wordsworth, 1835, p. 249.

  9. Doctrine et Alliances 46:11-12.

  10. Moroni 10:8.

  11. Il y a de nombreuses années, Marvin J. Ashton, du Collège des douze apôtres, a donné un discours marquant sur certains dons moins évidents (voir « Il y a de nombreux dons », L’Étoile, janvier 1988, p. 17).

  12. Alma 37:6.

  13. Voir Colossiens 3:23 ; Doctrine et Alliances 64:34.

  14. Voir Doctrine et Alliances 50:24.

  15. Voir le mot « Libre arbitre » dans le Guide des Écritures.

  16. Voir Doctrine et Alliances 84:38.