Éprouvés et fortifiés en Christ
Les moments d’épreuve ne sont pas la preuve que le Seigneur vous a abandonnés. Ils sont plutôt la preuve qu’il vous aime suffisamment pour vous raffiner et vous fortifier.
Mes chers frères et sœurs, je ressens l’amour du Seigneur alors que nous sommes réunis. C’est avec humilité que je m’adresse à vous. Je prie pour que l’Esprit porte dans votre cœur ce que le Seigneur veut que vous entendiez, bien au-delà des paroles que je vais prononcer.
Il y a longtemps, au cours de mes années universitaires, j’ai voulu apprendre la physique et les mathématiques. Je me sentais dépassé. J’ai eu le sentiment que j’essayais d’apprendre quelque chose au-delà de mes compétences. Plus je me sentais submergé, moins j’avais la force de continuer d’essayer. Mon découragement m’a conduit à penser que mes efforts étaient presque vains. J’ai même pensé à arrêter pour étudier quelque chose de plus facile.
Je me sentais faible. Tandis que je priais, j’ai ressenti l’assurance tranquille du Seigneur. Je l’ai entendu me dire : « Je te mets à l’épreuve, mais je suis aussi avec toi. »
À ce moment-là, je ne savais pas ce que ces mots signifiaient. Mais je savais quoi faire, alors je me suis mis au travail.
En méditant et en travaillant au cours des années qui ont suivi, j’ai fini par comprendre ce message d’encouragement que l’on trouve dans les Écritures : « Je puis tout par [le Christ] qui me fortifie. »
J’ai appris que mes difficultés avec la physique étaient en fait un don du Seigneur. Il m’enseignait qu’avec son aide, je pouvais faire des choses qui me semblaient impossibles, si j’avais la foi qu’il serait là pour m’aider. Par ce don, le Seigneur me mettait à l’épreuve et me fortifiait.
L’expression mettre à l’épreuve a plusieurs significations. Mettre quelque chose à l’épreuve c’est bien plus que simplement la tester. C’est augmenter sa force. Mettre une pièce d’acier à l’épreuve, c’est la soumettre à des contraintes, comme le fait d’ajouter de la chaleur, du poids et de la pression, jusqu’à ce que sa vraie nature soit renforcée et révélée. L’acier n’est pas affaibli par sa mise à l’épreuve. En fait, il devient une chose en laquelle nous pouvons avoir confiance, une chose assez solide pour supporter de lourds fardeaux.
De la même manière, le Seigneur nous met à l’épreuve pour nous fortifier. Cette mise à l’épreuve ne se produit pas lorsque la vie est douce et tranquille. Elle survient dans les moments où nous sommes éprouvés au-delà de ce que nous pensions pouvoir supporter. Le Seigneur enseigne que nous devons continuer de progresser et ne jamais nous lasser, que nous ne devons jamais abandonner et continuer d’essayer.
Lorsque nous continuons d’avoir foi en Jésus-Christ, même lorsque les choses nous semblent impossibles sur le moment, nous devenons spirituellement plus forts. Les Écritures sacrées soulignent cette vérité.
Par exemple, le prophète Moroni a été éprouvé et fortifié de cette manière. Il vécut les dernières années de sa vie seul. Il a écrit qu’il n’avait pas d’amis, que son père avait été tué et que son peuple avait été détruit. Il était pourchassé par ceux qui en voulaient à sa vie.
Pourtant, Moroni n’a pas désespéré. Au lieu de cela, il a gravé son témoignage de Jésus-Christ sur des plaques pour des personnes qu’il ne verrait pas de son vivant, dont les descendants du peuple qui désirait le tuer. Il a écrit pour nous. Il savait que certains se moqueraient de ses paroles. Il savait que certains les rejetteraient. Pourtant, il a continué à écrire.
Dans sa mise à l’épreuve, la foi de Moroni a été raffinée et fortifiée. Il est devenu plus pur. Ses paroles sont empreintes de la puissance de quelqu’un qui a persévéré fidèlement jusqu’à la fin. Nous ressentons ce pouvoir lorsque nous lisons son témoignage :
« Or, moi, Moroni, j’écris quelque peu comme il me semble bon ; et j’écris à mes frères, les Lamanites ; et je voudrais qu’ils sachent que plus de quatre cent vingt ans sont passés depuis que le signe de la venue du Christ fut donné.
« Et je scelle ces annales, après avoir dit quelques paroles en guise d’exhortation à votre intention.
« Voici, je voudrais vous exhorter, lorsque vous lirez ces choses, si Dieu juge sage que vous les lisiez, à vous souvenir combien le Sauveur a été miséricordieux envers les enfants des hommes, depuis la création d’Adam jusqu’au moment où vous recevrez ces choses, et à méditer cela dans votre cœur.
« Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous demandez d’un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit.
« Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître la vérité de toutes choses. »
Le témoignage de Moroni s’est raffiné dans la solitude, mais il brille aujourd’hui d’une lumière qui pousse toutes les générations à rechercher notre Père céleste et le Sauveur Jésus-Christ.
Jacob, un autre prophète du Livre de Mormon, a également été éprouvé et fortifié dans son enfance, car il a connu des afflictions et beaucoup de chagrin. Mais son père, Léhi, lui a enseigné que Dieu le bénirait dans ses épreuves.
« Et voici, dans ton enfance tu as souffert des afflictions et beaucoup de tristesse, à cause de la violence de tes frères.
« Néanmoins, Jacob, mon premier-né dans le désert, tu connais la grandeur de Dieu, et il consacrera tes afflictions à ton avantage.
« C’est pourquoi, ton âme sera bénie, et tu demeureras en sécurité avec ton frère Néphi ; et tes jours se passeront au service de ton Dieu. C’est pourquoi, je sais que tu es racheté à cause de la justice de ton Rédempteur, car tu as vu que, dans la plénitude du temps, il vient apporter le salut aux hommes. »
Joseph Smith, le prophète, a lui aussi connu une mise à l’épreuve semblable et reçu le même soutien quand il était dans la prison de Liberty. Au plus profond de son angoisse, Joseph Smith s’est écrié :
« Ô Dieu, où es-tu ? […]
« Combien de temps retiendras-tu ta main ? »
Le Seigneur voyait l’effet sanctificateur des souffrances de Joseph, s’il les supportait bien, quand il a répondu :
« Mon fils, que la paix soit en ton âme ! Ton adversité et tes afflictions ne seront que pour un peu de temps ;
« Et alors, si tu les supportes bien, Dieu t’exaltera en haut ; tu triompheras de tous tes ennemis. »
Le plus grand exemple de mise à l’épreuve et de fortification s’est produit lors de l’expiation du Sauveur. Il a pris sur lui les péchés du monde. Il a porté nos peines et nos chagrins. Il a bu la coupe amère. Il s’est montré fidèle à chaque instant.
Grâce à sa glorieuse expiation, Jésus-Christ peut nous fortifier dans nos moments d’épreuve. Il sait comment nous secourir, parce qu’il a ressenti toutes les difficultés que nous rencontrerons dans la condition mortelle. « Il prendra sur lui les souffrances et les maladies de son peuple […] afin qu’il sache, selon la chair, comment secourir son peuple selon ses infirmités. »
Nous apprenons que dans le jardin de Gethsémané, le Sauveur a demandé à son Père s’il était possible de lui ôter l’épreuve, mais il a aussi dit que si c’était la volonté de son Père, alors il affronterait cette épreuve. En d’autres termes, le Sauveur a même pris sur lui le doute et l’incertitude, mais il avait foi en son Père céleste.
Frères et sœurs, il est probable que votre mise à l’épreuve et votre fortification diffèrent de celles de Moroni, de Jacob ou du prophète Joseph. Mais elles viendront. Elles viendront peut-être discrètement, à travers les difficultés de la vie de famille. Elles viendront peut-être par la maladie, la déception, le chagrin ou la solitude.
Je témoigne que ces moments ne sont pas la preuve que le Seigneur vous a abandonnés. Ils sont plutôt la preuve qu’il vous aime suffisamment pour vous raffiner et vous fortifier. Il vous rend suffisamment forts pour porter le poids de la vie éternelle.
Si nous restons fidèles dans notre service, le Seigneur nous raffinera. Il nous fortifiera. Puis, un jour, nous regarderons en arrière et verrons que ces épreuves étaient la preuve de son amour. Nous comprendrons qu’il nous façonnait pour que nous puissions nous tenir en gloire à ses côtés. Comme l’apôtre Paul l’a déclaré à la fin de sa vie : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. »
Je témoigne que Dieu vous connaît. Il sait quelles épreuves vous traversez. Il est avec vous. Il ne vous oubliera pas. Je témoigne que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Il est notre force, notre Rédempteur et notre espérance. Si nous lui faisons confiance, il nous donnera une force spirituelle à la hauteur de toutes les épreuves que nous sommes appelés à supporter. J’en témoigne au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.