« Sois miséricordieux ! »
J’ai travaillé pendant 36 ans dans un groupe industriel de renom. Je me suis toujours efforcé d’être honnête et consciencieux mais j’ai souvent eu le sentiment que mon travail passait inaperçu : mon tour d’obtenir une promotion n’arrivait pas malgré mes compétences et mon engagement. C’était une préoccupation majeure pour moi.
Même si personne ne me le disait jamais ouvertement, il me semblait parfois que mon appartenance à l’Église ne jouait pas en ma faveur.
Un jour, au moment des évaluations annuelles, après 13 ans sans évolution professionnelle, un collègue de confiance m’a donné discrètement son avis. En substance, il m’a dit qu’il pensait que je ne serais jamais promu parce que notre chef d’équipe avait peur que tôt ou tard, je prenne sa place. Prendre conscience que ce comportement jaloux m’empêchait de progresser m’a rempli d’une profonde déception. J’ai décidé de porter ma situation devant le conseil de prud’hommes, défendu par un avocat renommé.
Pendant deux ans et demi, la bataille juridique a fait rage. La tension nerveuse était réelle pour moi. Les relations avec mes collègues s’en ressentaient, comme on peut aisément se l’imaginer dans une telle situation. Je dormais souvent mal et je devenais agressif, même dans la vie de tous les jours.
J’ai pris alors la décision de rechercher du soulagement auprès de Dieu.
Une nuit, alors que je déversais mon cœur et mes pensées en prière à genoux au pied de mon lit, j’ai entendu une voix (je ne saurais dire si c’était une voix intérieure ou extérieure) qui me disait :
« Sois miséricordieux. »
Surpris je me suis demandé si j’’avais bien entendu […].
Une seconde fois, la même voix m’a dit :
« Sois miséricordieux. »
J’ai su paisiblement que c’était la réponse de Dieu et que je devais être miséricordieux envers tous ceux qui travaillaient dans mon entreprise.
J’ai passé une bonne nuit de sommeil pour la première fois depuis longtemps. Et c’est toujours le cas depuis lors. Alors que pendant des mois je réclamais la justice et mon droit, après cette prière, j’étais parfaitement en paix, rempli d’une paix douce. Le reste n’avait plus d’importance.
Mon Dieu m’a offert une richesse plus grande que ce que je réclamais financièrement devant la justice : je suis devenu plus riche qu’avant !
Cette paix intérieure qui est venue du pardon envers les autres m’a rendu plus heureux. J’ai compris avec plus de grandeur que la paix intérieure et l’amour envers le genre humain étaient les choses les plus importantes de la vie sur terre.
Depuis ce temps-là, je vois tous les gens avec plus de profondeur, et l’amour que j’ai pour eux me rappelle que ce sont mes frères et mes sœurs.
L’Évangile est amour. Dieu est amour et le sacrifice de notre Seigneur Jésus Christ pour nous est le plus bel acte d’amour.