Le Liahona
Jeffrey R. Holland : Instructeur, disciple, témoin
En mémoire de Jeffrey R. Holland


En mémoire de

Jeffrey R. Holland : Instructeur, disciple, témoin

« Jésus-Christ, le Fils unique du Père, a souffert, est mort et est ressuscité afin de pouvoir, comme un éclair dans un orage d’été, nous saisir dans notre chute, nous tenir de toute sa puissance et, par notre obéissance à ses commandements, nous élever à la vie éternelle. »

Frère Holland prenant la parole lors d’une réunion

Photo Francesco Galiano Abanto

Avec le décès de Jeffrey R. Holland, président du Collège des douze apôtres, s’est éteinte la voix d’un grand instructeur de l’Évangile et d’un témoin du Seigneur Jésus-Christ.

Ses enseignements inspirés résonneront à travers les âges grâce à son témoignage impérissable du Seigneur Jésus-Christ, inscrit dans le ciel (voir Doctrine et Alliances 62:3). Ses affirmations, pleines de chaleur et rassurantes sur les vérités divines et éternelles manqueront aux membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

L’aptitude de frère Holland à enseigner semblait innée. Tout ce qu’il disait ou écrivait en était imprégné. Dans son rôle de témoin de Jésus-Christ, il a constamment invité les enfants de Dieu, que ce soit au sein de l’Église ou en dehors, à laisser l’expiation du Sauveur façonner leur vie et l’amour de Dieu toucher leur âme.

Lors de la conférence générale d’avril 2016, il a lancé l’exhortation suivante aux saints des derniers jours :

« S’il vous plaît, rappelez-vous demain, et tous les jours qui suivront, que le Seigneur bénit qui veut s’améliorer, qui accepte la nécessité des commandements et qui essaye de les respecter, qui chérit les vertus chrétiennes et s’efforce de les acquérir. Si vous trébuchez au cours de cette quête, comme c’est le cas de tout le monde, le Seigneur est là pour vous aider à poursuivre votre chemin. Si vous chutez, faites appel à son pouvoir. Écriez-vous comme l’a fait Alma : ‘Ô Jésus, fils de Dieu, sois miséricordieux envers moi’ [Alma 36:18]. Il vous aidera à vous relever. Puis repentez-vous, réparez, réglez ce que vous avez à régler, et reprenez votre route. […]

« Alors continuez à aimer. Continuez à essayer. Continuez à avoir confiance. Continuez à croire. Continuez à progresser. Les cieux vous encourageront aujourd’hui, demain et toujours. »

À chaque étape de sa vie, Jeffrey R. Holland a été formé par le Seigneur au rôle important qu’il allait jouer dans le royaume de Dieu, que ce soit dans son enfance, dans son adolescence ou lorsque, jeune homme, il a pris la décision de devenir enseignant. Cet apprentissage spirituel s’est intensifié quand il a été appelé, par révélation, à être l’un des « témoins spéciaux » du Seigneur Jésus-Christ (Doctrine et Alliances 27:12).

Jeffrey R. Holland enfant

Un garçon obéissant

Jeffrey Roy Holland est né le 3 décembre 1940 à St. George (Utah, États-Unis) qui, à l’époque, était une localité rurale et peu connue du sud-ouest de l’Utah.

Il déclare : « J’ai eu une enfance idyllique. J’ai grandi dans une ambiance de sécurité et d’amour inconditionnel dépassant tout ce qu’on peut imaginer pour un enfant. »

Alice, sa mère, était issue d’une famille de vaillants pionniers qui s’étaient installés dans la région de St. George. Frank, son père, était le genre de pionnier dont on pouvait dire qu’il ne devait sa réussite qu’à lui-même. Il a joué un grand rôle dans les affaires de la ville.

Selon Deborah Holland Millett, ses deux frères, Jeffrey et Dennis, ont hérité de leur père le charme et l’esprit irlandais. De leur mère, ajoute-t-elle, Jeffrey a appris à « toujours donner généreusement, sans penser ni s’attendre à quoi que ce soit en retour ».

Jeffrey R. Holland avec ses parents et son frère

Jeffrey R. Holland (photographié ci-dessus avec son père, sa mère et son frère aîné) est né à St. George (Utah, États-Unis). Il tenait sa vivacité d’esprit de son père et son altruisme de sa mère.

Jeffrey était décrit par sa mère comme étant un garçon obéissant. Elle dit : « Il était toujours à l’église et s’acquittait toujours de ses devoirs dans la prêtrise. »

Un jour, alors qu’il était jeune, elle lui avait donné la permission d’aller à une fête à condition d’être de retour pour 22 heures. Ce soir-là, au cours de la fête, il a vérifié l’heure sur une horloge. Quand il s’est rendu compte qu’il ne lui restait qu’une quinzaine de minutes pour être rentré à l’heure chez lui, il a couru tout le long du chemin pour arriver à temps. Cet engagement à tenir sa parole est devenu une partie intégrante de sa personnalité.

Jeffrey R. Holland avec un ballon de basket

Le sport devient « la plus grande joie » dans la vie du jeune Jeff Holland.

Pour Jeffrey, le sport deviendra « [sa] principale source de joie durant [son] enfance ». En 1958, il fait partie des équipes de football et de basket-ball du lycée de Dixie et prend part aux championnats d’Utah. Il joue également au baseball et pratique la course à pied. Plus tard, il devient l’un des capitaines de l’équipe de basket de Dixie College (aujourd’hui appelé Utah Tech) et remporte un championnat universitaire.

« Dieu voulait que je devienne enseignant »

Après ses études secondaires, il est appelé en mission dans les îles Britanniques. Il considérait ce service comme « le tournant majeur de [sa] vie, le début de [ses] débuts » dans sa progression dans l’Évangile. Frère Holland a raconté que Marion D. Hanks, des soixante-dix, son deuxième président de mission, lui « a appris à aimer les Écritures, en particulier le Livre de Mormon », et qu’« il a eu une profonde influence dans [sa] vie ».

Jeffrey R. Holland en mission avec d’autres missionnaires

Pour frère Holland (à l’extrême droite), son service dans la mission britannique a été « le tournant spirituel majeur de [sa] vie ».

Avant sa mission, frère Holland envisageait de devenir médecin. Mais, explique-t-il, « je suis revenu de mission avec la certitude que Dieu voulait que je devienne enseignant ».

Des années plus tard, après l’appel de frère Holland au Collège des douze apôtres, son frère, Dennis, a déclaré que ce n’était pas une surprise. Il a dit : « Ce que Jeffrey a toujours voulu faire, c’est enseigner l’Évangile à des élèves dans une classe. J’ai toujours été certain que le Seigneur avait le même objectif pour lui, mais que la taille de la classe et le nombre d’étudiants auraient une envergure beaucoup plus importante qu’il ne l’imaginait. »

Jeffrey et Patricia Holland jeunes

« Une compagne parfaite »

C’est au cours de sa pratique du sport que Jeffrey rencontre Patricia Terry, une majorette du lycée. Ils se fréquentent durant leurs deux dernières années de lycée et, après son retour de mission, ils poursuivent leur relation.

Jeffrey et Patricia Holland se marient le 7 juin 1963 au temple de St. George. Parmi les influences qui ont fortifié sa vie, frère Holland évoque toujours la foi, la spiritualité et la grande charité de son épouse. Il a déclaré : « Sa foi a toujours a été plus pure, plus puissante et plus forte que chez aucune autre personne que j’aie connue. »

Les gens remarquaient la force de la synergie spirituelle qui existait dans leur couple.

Jeffrey et Patricia Holland

Frère Holland a dit que la foi, la spiritualité et la charité de Patricia Holland comptaient parmi les influences fortifiantes de sa vie.

James E. Faust (1920-2007), deuxième conseiller dans la Première Présidence, faisait partie de ses amis proches. Un jour, il a fait remarquer que frère Holland possédait « une spiritualité profonde mêlée d’une sensibilité exceptionnelle » qui lui permettait de voir ou de sentir des choses que d’autres n’étaient pas en mesure de percevoir. « [Frère Holland] édifiait toujours les gens, les encourageait et les attirait à lui. Il possédait l’aptitude remarquable de donner aux autres le sentiment qu’ils étaient ses meilleurs amis. »

Frère Faust a ajouté : « Frère Holland fait partie d’une paire. Sœur Holland est une compagne parfaite pour lui. C’est un couple exemplaire. »

En 1965, alors qu’il est sur le point d’obtenir son diplôme de l’université Brigham Young, Jeff reçoit une offre pour enseigner à mi-temps à l’université l’année suivante, tout en préparant sa maîtrise. Après avoir enseigné pendant un an, il accepte un poste au département d’éducation de l’Église, comme instructeur des Instituts de religion de l’interrégion de Hayward (Californie, États-Unis). L’année suivante, il est nommé directeur de l’institut de Seattle (État de Washington, États-Unis), où il réussit à attirer davantage de jeunes aux cours.

Alors qu’il enseigne, il se rend rapidement compte qu’il doit obtenir un doctorat pour faire carrière dans l’éducation. Cela le conduit à déménager avec sa famille à New Haven (Connecticut, États-Unis) afin d’étudier à l’université de Yale. Des années plus tard, il parlera souvent des leçons qu’il a apprises au cours de sa vie à Yale, dont la plupart sortaient du cadre de ses études. En tant que pédagogue de premier ordre et instructeur inspiré, il avait pour habitude de s’appuyer sur ces leçons de vie pour enseigner les principes de l’Évangile.

Dans un discours lors de la conférence générale d’octobre 1999, frère Holland a raconté les débuts difficiles de ce voyage vers le Connecticut, trente ans plus tôt. Sa famille et lui avaient quitté St. George à bord d’une vieille voiture, avec très peu d’argent, deux jeunes enfants (dont un âgé de trois mois) et tout ce qu’ils possédaient entassé dans une petite remorque. La voiture était tombée deux fois en panne au même endroit, à seulement une cinquantaine de kilomètres de St. George. À deux reprises, il avait dû marcher jusqu’à une commune à proximité pour demander de l’aide, avant d’apprendre que sa voiture ne tiendrait jamais la distance.

En y repensant, frère Holland a imaginé ce qu’il aurait pu dire au jeune homme découragé qu’il était alors, et qui marchait d’un pas lourd le long de l’autoroute : « N’abandonne pas. […] Continue d’essayer. Il y a de l’aide et le bonheur qui t’attendent. […] Tout finira par s’arranger. Mets ta confiance en Dieu et crois aux bonnes choses à venir. »

Il a ensuite donné cette assurance aux personnes qui traversent des difficultés, qui invoquent le soutien ou les bénédictions du Seigneur et qui se demandent si elles les recevront un jour : « Certaines bénédictions se manifestent rapidement, d’autre tard, certaines uniquement aux cieux, mais pour ceux qui embrassent l’Évangile de Jésus-Christ, elles se manifestent. J’en témoigne personnellement. »

Frère Holland considérait le temps que sœur Holland et lui ont passé à Yale comme une période d’apprentissage intense, tant au niveau académique qu’ecclésiastique. Peu de temps après leur arrivée en Nouvelle-Angleterre, il est appelé au sein d’une présidence de pieu. Pat, qui avait été présidente de la Société de Secours dans leur paroisse d’étudiants, reçoit le même appel dans leur nouvelle unité. Ce que Jeffrey apprend durant cette période lui sera d’une grande utilité plus tard, lorsqu’il fera partie de deux autres présidences de pieu puis sera appelé à servir comme représentant régional.

Il a déclaré : « Ce que j’ai vraiment reçu, c’est une formation sur le fonctionnement de l’Église. »

L’université Brigham Young : « Un endroit cher à son cœur »

En 1972, après leur retour en Utah, frère Holland est appelé à la tête de la nouvelle Société d’amélioration mutuelle de la Prêtrise de Melchisédek de l’Église, au sein de laquelle il travaille en étroite collaboration avec James E. Faust et L. Tom Perry, du Collège des douze apôtres, ainsi qu’avec frère Hanks. En 1974, frère Holland est nommé doyen de la faculté d’enseignement religieux de l’université Brigham Young. Deux ans plus tard, il est nommé commissaire à l’éducation de l’Église. En 1980, alors qu’il occupe cette fonction, il est chargé de diriger un comité de recherche pour choisir un successeur à Dallin H. Oaks, alors président de l’université Brigham Young.

Quelques jours plus tard, lorsqu’il est convoqué à une réunion avec la Première Présidence, frère Holland se dit que cela doit être en rapport avec la mission du comité de recherche. À sa grande surprise, il lui est proposé de succéder à frère Oaks à la présidence de l’université !

Frère Holland expliquera plus tard que l’université Brigham Young était « un endroit cher à [s]on cœur », en raison de l’esprit qu’il y a toujours ressenti et de la façon dont cette université a influé sur sa vie.

Frère Holland assis à un bureau

Frère Holland, photographié ici dans son bureau peu après sa nomination comme président de BYU en 1980, attribuait la grandeur de l’université aux personnes qui la fréquentent.

Le corps enseignant, les membres du personnel et les étudiants adoptent rapidement le couple Holland. L’expérience de l’Évangile de sœur Holland et son esprit charitable sont d’un grand soutien durant les années où le couple travaille en équipe à l’université Brigham Young. Au début de chaque année universitaire, à l’occasion de ce qu’on appelle affectueusement sur le campus le « Jeff and Pat Show », ils offrent de chaleureux et judicieux conseils qui influencent de nombreuses vies. Certains des discours que frère Holland prononce à l’université Brigham Young deviendront des jalons dans son parcours d’enseignant de l’Évangile.

Au cours d’une interview donnée au terme de sa première année à la présidence de l’université, il explique avoir découvert beaucoup de facettes positives de l’établissement qui méritent d’être polies, comme on le ferait avec une pierre précieuse. Mais il comprenait que cette opération de polissage allait nécessiter de rechercher l’excellence en toute chose. L’excellence morale, disait-il, doit faire partie intégrante de l’éducation. Aucun autre président d’université ne pourrait peut-être dire qu’une part de sa mission a été de contribuer à « l’exaltation et à la vie éternelle des hommes et des femmes qui y étudient ». Plus tard, il déclarera que la grandeur de l’université Brigham Young ne repose pas sur la beauté de ses bâtiments ni sur son niveau académique, ni même sur les performances de ses équipes sportives, mais sur les personnes qui la fréquentent.

Au cours de sa présidence de l’université Brigham Young, frère Holland a dû faire face à des épreuves et des difficultés. Il a été appelé à organiser une campagne de levée de fonds de cent millions de dollars pour l’université et a souvent été la cible de propos diffamatoires et de critiques de la part des opposants à la construction du centre de BYU à Jérusalem (Israël) vers la fin des années 1980. Cependant, ce projet a été l’occasion d’une « belle collaboration » avec Howard W. Hunter (1907-1995), alors président du Collège des douze apôtres, puis avec James E. Faust. La formation spirituelle qu’il en a retirée était inestimable.

photo de groupe de membres du Collège des douze apôtres

À propos de son appel au Collège des douze apôtres en 1994, frère Holland a déclaré : « Il n’y a certainement aucun but ni aucun honneur plus grand que d’être ‘témoin spécial du nom du Christ dans le monde entier’. »

Son appel au sein des Douze

Lorsque Jeffrey Holland est relevé de ses fonctions de président de l’université Brigham Young, il est appelé au premier collège des soixante-dix le 1er avril 1989. Cinq ans plus tard, le 23 juin 1994, il est appelé au Collège des douze apôtres. Cet appel lui procure un profond sentiment d’émerveillement et de reconnaissance.

Au cours de la conférence générale d’octobre 1994, il déclare : « La plus grande joie que j’ai ressentie m’a été procurée par l’occasion qui m’est donnée, comme l’a dit Néphi, de parler du Christ, de [me] réjouir dans le Christ, de prêcher le Christ et de prophétiser le Christ (voir 2 Néphi 25:26) où que je sois et avec qui que je sois jusqu’à mon dernier souffle. Il n’y a certainement aucun but ni aucun honneur plus grand que d’être témoin spécial du nom du Christ dans le monde entier (voir D&A 107:23). »

Une des expériences qui s’avérera formatrice pour frère Holland dans son appel est la tâche spéciale que Dallin H. Oaks et lui reçoivent en même temps.

En août 2002, sur demande spéciale de la Première Présidence, frère Holland est envoyé comme témoin apostolique au Chili, où, durant deux ans, il assume un rôle de direction et de formation. Au même moment, frère Oaks est affecté aux Philippines.

D’après un récit historique : « La priorité de frère Holland était de montrer comment diriger à la manière du Seigneur. Il a participé à la formation de nouveaux dirigeants et supervisé la réorganisation, la dissolution et la fusion de centaines de paroisses et de dizaines de pieux. En raison de la forte croissance de l’Église dans le pays, la réorganisation et la formation étaient nécessaires. Sa manière de diriger a permis de renforcer les unités et de préparer l’Église pour l’avenir. »

Il a établi des relations importantes pour l’Église en se liant d’amitié avec les dirigeants du gouvernement chilien, notamment le président et son épouse, aux côtés desquels l’Église a mené des projets humanitaires. Au terme de son affectation au Chili, il lui a été très difficile de faire ses adieux.

« Cet instant – cette conférence – est très difficile pour moi », a-t-il déclaré au début de son discours d’adieu lors d’une conférence régionale, le 11 juin 2004. S’exprimant en espagnol, langue qu’il avait eu du mal à apprendre pendant deux ans, il a dit aux saints chiliens : « Je ne savais pas que je vous aimerais autant. […) Vous serez toujours dans mon cœur. »

Ensuite, avec l’aide d’un interprète, il a fait part de sa vision de l’avenir de l’Église dans ce pays. Il a déclaré : « Cette vision ne vous est pas donnée par un visiteur, car je me sens chilien. » Il a parlé d’un « miracle » qui allait se produire « dans les foyers » chiliens dans l’avenir, un avenir rempli de force spirituelle lorsque les détenteurs de la prêtrise, les sœurs et les jeunes du Chili auraient intégré l’obéissance aux principes de l’Évangile dans la trame de leur vie.

Il a ajouté : « Nous ne sommes pas dans l’Église pour nous-mêmes. Nous y sommes pour les personnes qui viennent après nous. »

la famille de Jeffrey R. Holland

Matthew Holland se souvient : « Le plus grand bonheur de Papa était d’être à la maison avec sa famille. »

Vie familiale

La personnalité joviale, positive et ouverte de frère Holland se manifestait dans tout ce qu’il faisait, mais il réussissait dans une grande mesure à conserver le caractère privé de sa vie de famille. Les histoires et les commentaires de ses enfants démontrent néanmoins que dans le contexte familial, il était aussi un enseignant accompli.

Les Holland ont eu trois enfants : Matthew, Mary Alice (McCann) et David. Ceux-ci étaient tous déjà grands quand leur père a été appelé apôtre. Mary Alice et David se rappellent tous deux la disposition de leur père, durant leur enfance, à faire des sacrifices pour ses enfants. Mary Alice dit qu’il organisait toujours soigneusement des sorties père-fille qu’il savait qu’elle apprécierait, même si ces activités n’étaient pas celles qu’il préférait. David se souvient de la fois où son père a réservé plusieurs jours de son emploi du temps chargé pour un voyage en tête-à-tête avec son jeune garçon.

Sa connaissance et son témoignage de notre Père céleste et de son plan ont toujours fait partie des enseignements qu’il prodiguait à sa famille.

Matthew a raconté une expérience vécue avec son père qui lui a enseigné ce qu’est la révélation. Lors d’une sortie, ils se sont perdus sur une route en rentrant chez eux. Il commençait à faire nuit quand ils sont arrivés à un embranchement et ils ne se rappelaient plus dans quelle direction aller. Frère Holland a suggéré à son fils de prier. Ensuite, il lui a demandé quel chemin ils devaient prendre. Matt lui a répondu qu’il fallait prendre à gauche, ce à quoi frère Holland a ajouté qu’il avait la même impression.

En suivant cette direction choisie d’un commun accord, ils sont arrivés, au bout de dix minutes, à une impasse et ont été forcés de retourner à la croisée des chemins où, cette fois, ils ont pris à droite. En y repensant, Matt a demandé à son père pourquoi le Seigneur leur avait donné une réponse qui les avait conduits sur une mauvaise route. Il lui a répondu que c’était sans doute la façon la plus rapide qu’avait le Seigneur de leur indiquer quelle était la mauvaise route. La deuxième route ne leur était pas familière, mais ils ont poursuivi leur chemin en toute confiance, car ils savaient que c’était la bonne.

Parmi ses souvenirs les plus chers, Matt se rappelle les moments passés en famille autour de la table.

Il raconte : « Chaque soir ressemblait à une sorte de soirée familiale remplie d’éclats de rire, de compliments, d’encouragements, de conversations intéressantes, de témoignages, d’enseignements et d’expressions d’amour. On a toujours su que c’était quand il était chez lui avec sa famille que papa était le plus heureux. »

Le 20 juillet 2023, frère Holland et sa famille ont été affectés par le décès de sœur Holland. Lors des obsèques, frère Holland a dit d’elle qu’elle était la plus grande dame qu’il ait jamais connue. Il a ajouté : « Elle était tout ce qu’une compagne peut être dans ce monde et je remercie Dieu que nous nous retrouverons dans le suivant. »

Frère Holland avec un groupe de sœurs missionnaires

Frère Holland avait la faculté extraordinaire d’élever et de fortifier des personnes de tous âges, et de se lier d’amitié avec elles.

Témoignage apostolique

Les discours chaleureux de frère Holland, en sa qualité d’Autorité générale, sont connus et appréciés des membres de l’Église. Chacun d’entre eux est ponctué de son puissant témoignage de l’expiation de Jésus-Christ et de l’amour du Sauveur.

Il a déclaré : « Cette confiance en la miséricorde de Dieu est l’essence même de l’Évangile que le Christ a enseigné. Je témoigne que l’expiation du Sauveur nous soulage non seulement des fardeaux de nos péchés, mais également du fardeau de nos déceptions et de nos chagrins, de nos peines et de nos désespoirs. »

À une autre occasion, il a dit : « Puissions-nous nous déclarer disciples du Seigneur Jésus-Christ à part entière, non seulement en paroles ou en des temps de confort, mais également en actions, courage et foi, y compris lorsque nous sommes seuls sur le chemin et que notre croix est difficile à porter. »

Il a aussi déclaré : « Notre seul espoir d’une perfection parfaite est de la recevoir comme étant un cadeau des cieux ; nous ne pouvons pas la ‘gagner’. Ainsi, la grâce du Christ ne nous sauve pas seulement du chagrin, du péché et de la mort, mais également de notre autocritique incessante. »

La principale préoccupation de frère Holland a toujours été d’aider ses auditeurs à comprendre le rôle central du Sauveur dans le plan du Père : « Si Jésus, son nom, sa doctrine, son exemple et sa divinité peuvent se trouver au cœur de notre culte, alors nous appliquerons la grande vérité qu’Alma a enseignée : ‘Il y a beaucoup de choses à venir ; [mais] voici, il y a une chose qui a plus d’importance qu’elles toutes : le Rédempteur [qui] vivra et viendra parmi son peuple’ [Alma 7:7]. »

Frère Holland marchant avec un jeune homme

Son témoignage de Jésus-Christ était inextricablement lié à son témoignage de Joseph Smith et du Livre de Mormon. La puissance de ce livre a contribué à façonner ses enseignements et sa vie :

« En tant que témoin, je déclare que les expériences spirituelles et les saintes affirmations que j’ai reçues concernant le Sauveur et son Église rétablie, je les ai reçues pour la première fois dans ma jeunesse, en lisant le Livre de Mormon. […]

« La véracité du Livre de Mormon – de ses origines, de ses enseignements et des circonstances de sa parution – est un élément essentiel de la véracité de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. […]

« Le Livre de Mormon affirme notre croyance encore plus élevée et plus sublime que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, le Sauveur et Rédempteur du monde. »

Même si sa voix s’est tue, quiconque a entendu ou lu le témoignage que donnait Jeffrey R. Holland du Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, ne l’oubliera jamais, tout comme il n’oubliera jamais ses discours puissants.

Notes

  1. Jeffrey R. Holland, « Là où justice, amour et miséricorde se rencontrent », Le Liahona, mai 2015, p. 106.

  2. Voir Jeffrey R. Holland, « Demain le Seigneur accomplira des prodiges parmi vous », Le Liahona, mai 2016, p. 126, 127.

  3. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », Ensign, décembre 1994, p. 10.

  4. « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », News of the Church, Ensign, août 1994, p. 74.

  5. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 10.

  6. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 10.

  7. Voir Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 10.

  8. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 11.

  9. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 12.

  10. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 12.

  11. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 15.

  12. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 12.

  13. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 10.

  14. Jeffrey R. Holland, « Un sacrificateur des biens à venir », Le Liahona, janvier 2000, p. 45.

  15. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 12.

  16. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 14.

  17. Voir Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 14. Deux des quinze livres écrits par frère Holland l’ont été en collaboration avec son épouse.

  18. Dans « Holland Looks Ahead, Steers BYU of ’80s by Star of Excellence », Y News (bulletin d’information du corps enseignant et du personnel), université Brigham Young, 8 septembre 1981.

  19. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 15.

  20. Jeffrey R. Holland, « Les miracles du Rétablissement », L’Étoile, janvier 1995, p. 40.

  21. Néstor Curbelo, « Conversion and Change in Chile », Ensign, octobre 2014, p. 54.

  22. « Conferencia Regional Area Chile: Elder Jeffrey R. Holland Se Despide de Chile », 10-11 juillet 2004, enregistrement audio, Bibliothèque de l’histoire de l’Église, Salt Lake City.

  23. Voir Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 13.

  24. Dans Don L. Searle, « Elder Jeffrey R. Holland of the Quorum of the Twelve Apostles », p. 15.

  25. Jeffrey R. Holland, dans « Sister Patricia T. Holland Remembered as ‘an Elect Lady’ during Funeral Services », 28 juillet 2023, newsroom.ChurchofJesusChrist.org.

  26. Jeffrey R. Holland, « Les choses cassées à réparer », Le Liahona, mai 2006, p. 70-71.

  27. Jeffrey R. Holland, « Nul n’était avec lui », Le Liahona, mai 2009, p. 88.

  28. Jeffrey R. Holland, « Soyez donc parfaits – finalement », Le Liahona, novembre 2017, p. 41.

  29. Jeffrey R. Holland, « Le message, le sens et la foule », Le Liahona, novembre 2019, p. 7.

  30. Jeffrey R. Holland, Christ and the New Covenant, 1997, p. 343, 345, 346.