2021
Ne me demandez pas comment je le savais, mais je le savais !
Octobre 2021


#rendregrâce

Ne me demandez pas comment je le savais, mais je le savais !

Toute ma vie j’ai été croyant. Déjà tout jeune et en âge d’y participer, j’assistais au catéchisme (N.D.L.R. Éducation religieuse pour les enfants dans l’Église catholique) chaque jeudi à la rue Croix de Régnier à Marseille. Je croyais en Dieu le Père, en Jésus-Christ et au Saint-Esprit. Pour moi, il était très clair dans mon esprit d’enfant que le Père et le Fils étaient constitués de chair et d’os, et que le Saint-Esprit restait un esprit, bien que je ne connaissais pas encore sa mission. Ne me demandez pas comment je le savais, mais je le savais !

Les années ont passé ! Ma vie s’appuyait sur trois points : ma famille, l’école et le sport. Puis un jour alors que je me trouvais dans mon lit en train de lire, mon frère aîné Michel m’appela et me dit :

  • Patrick, j’ai changé de religion, je suis devenu mormon !

Je l’ai regardé bouche bée, et ma seule réponse fût de dire :

  • Quoi ? Tu as changé de quoi ?

  • Je suis devenu membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours depuis le mois d’août, répondit-il.

Nous étions en novembre 1973, j’avais seize ans et mon frère vingt et un. Je ne pensais vraiment pas qu’on pouvait changer de religion !… Nous commençâmes alors à parler de l’Église, d’un livre appelé Le Livre de Mormon, de membres, de temples, de prêtrise...

La semaine suivante, je décidais de mettre mon costume et d’aller à l’Église de Marseille qui se trouvait sur l’Avenue du Parc Borely, à cinquante mètres du fameux Parc Borély bien connu de Marcel Pagnol, dans lequel je me rendais souvent.

Ce premier dimanche, le 11 novembre 1973, je vécus ce que je compris plus tard être un miracle. En fait, depuis trois ans, à chaque fois que je me levais d’un siège, j’avais des points brillants dans les yeux, et pendant trois secondes je perdais l’équilibre.

Dans la première salle où l’on me fit entrer, je vis un homme debout en costume instruire un groupe d’hommes assis sagement. Pas de soutane, pas de crucifix, pas de cierge, pas de statue ! J’étais à la fois surpris, mais agréablement à l’aise. Le frère qui enseignait s’appelait Jacques Bouis et il parlait du pouvoir de la prêtrise pour donner des bénédictions aux malades et aux affligés :

  • Le pouvoir et l’autorité de la prêtrise sont pour le bien de l’homme et de la emme, avait-il dit. 

À la fin de la leçon, je me tournais vers la personne qui s’était assise à côté de moi et qui se présenta comme étant le président de la branche de Marseille. Il s’appelait Charles Cuénot. Je m’empressais de lui demander qui pouvait recevoir une bénédiction.

  • Tout le monde ! répondit-il tout content avec un large sourire.

  • Moi aussi ? demandais-je avec espérance.

  • Oui, vous aussi. Tout le monde !

Dans le quart d’heure qui suivit, je me retrouvai assis dans son bureau avec trois frères autour de moi qui m’imposèrent les mains et me bénirent par l’autorité de Jésus-Christ et de la Sainte Prêtrise. Je ressentis quelque chose de puissant m’envahir : une douce chaleur, un bien-être inconnu pour moi ! Dès que le mot Amen fût dit, je ne sus plus ce que les mots points brillants dans les yeux et vertiges signifiaient.

Je fus instruit puis baptisé quelques mois plus tard, attendant ma majorité.

Depuis lors, je suis toujours pratiquant dans l’Église et ai servi de mon mieux dans tous les appels que le Seigneur m’a confiés.

Je témoigne que ma vie a été un bonheur, une grande joie avec mon épouse et mes quatre filles. Aujourd’hui je suis doublement heureux avec mes quatre gendres et mes quatorze petits-enfants ; je dis et affirme, que jamais, au grand jamais l’Église n’a été un frein, ou un empêchement dans ma vie pour accomplir tout ce que j’ai souhaité faire de juste. Mon épouse a été bénie et mes filles ont été bénies, malgré les épreuves, les trahisons, et tous les défis qu’un être humain rencontre, pour nous permettre de grandir. Nous sommes restés « à bord du bateau ». Anne-Marie et moi ressentons une réelle joie d’avoir contracté nos alliances.

Depuis le 15 mars 2021, nous sommes « missionnaires dédiés au service », rattachés à Family Search, et nous servons exclusivement sur le site d’ANOM (Archives Nationales d’outre-mer) pour la numérisation de milliers de documents des DOM-TOM, d’Indochine, d’Inde, et de toutes les autres anciennes colonies françaises.